À quelques encablures de Brantôme et de son abbaye, qui attirent chaque été un flot de touristes, se trouve le petit village de Saint-Crépin-de-Richemont. Un village comme il en existe des milliers. Une rue principale, une église et une école fermée depuis belle lurette. Ce qui vaut le coup d’œil ici, c’est le chemin des Meulières. Une randonnée d’à peine deux kilomètres, accessible au plus grand nombre, qui emmène le curieux sur les traces des premiers hommes ayant vécu ici. Une idée « fraîcheur » pour échapper à la canicule, en pleine nature.
Un site unique
L’archéologie le confirme, dès le Néolithique, les hommes ont utilisé ce coin du Périgord vert pour y développer une industrie, celle des meules à moudre. Le calcaire présent sur place, assez compact, permet en effet de créer ces outils essentiels au développement économique. Consciente de l’intérêt du site, la mairie a mis en place, il y a quelques années, un sentier d’interprétation avec des panneaux pédagogiques qui expliquent son histoire depuis les premières carrières jusqu’à leur fin, à l’orée du XXe siècle.

On y apprend que tout un peuple, quasiment autarcique, vivait ici. Le peuple des carrières a, pendant longtemps, tiré ses revenus de l’extraction des pierres qui allaient permettre de moudre le grain, de transformer le noix en huile ou de fabriquer du papier. Aujourd’hui, en parcourant ce sentier d’un peu plus de 2 kilomètres, à l’ombre des pins et des chênes, on peine à imaginer que toute une industrie existait ici à l’époque. On visualise les charriots, tirés par des bœufs ou des chevaux, acheminer jusqu’à Brantôme leur lourd chargement. On entend les coups de pioche des hommes, qui ont taillé, à la main ces carrières.
Une balade historique
Du parking aménagé en 2013, en même temps que le parcours, on monte un peu, longeant un pré où paissent les vaches du voisin. Pas de souffle court ni de cuisses qui brûlent, le parcours est facile. Un premier panneau annonçant encore cinq minutes de marche, encourage le visiteur. Après un ultime virage, on se retrouve sur le plateau, là où tout a commencé. Ici, nos ancêtres ont été les premiers à extraire la pierre pour en faire des outils. À la lecture des indications, on comprend la nécessité de nourrir les hommes.
Cela se vérifiera plus tard, lorsque les moulins, notamment à eau, envahiront tous les cours d’eau du département. « Les moulins, c’est la vie », assure un dicton populaire. Grâce à eux, on fabrique la farine qui sert au pain, nourriture de base des populations rurales jusqu’à récemment. Or, pour moudre le grain, il faut des meules. Et pas n’importe lesquelles. Il faut qu’elles soient suffisamment solides pour ne pas être trop friables et donc, ne pas s’user trop vite. D’où l’intérêt de ce petit secteur, où le calcaire est un peu plus dense qu’ailleurs.
• L’Office de tourisme de Brantôme organise, en juillet-août, des visites guidées du site, deux fois par semaine. Renseignements et réservations au 05 53 05 80 63 ou contact@perigord-dronne-belle.fr









