De l’extérieur, cela ressemble à n’importe quelle propriété de ce coin du Périgord. Un ancien corps de ferme, en pierres blondes, restauré avec goût. Pas le genre de choses qui manque dans les environs. Et pourtant, derrière les murs épais, se cache un trésor. Depuis son retour au pays, Philippe Labroue a réalisé son rêve, à savoir créer un studio d’enregistrement haut de gamme sur les terres familiales. « Depuis 1994, je suis producteur de musique. J’étais à Paris, dans le XIe arrondissement où on retrouve toute la diaspora périgourdine.»
Une passion qui remonte à loin
En tout, il aura produit quelque 160 disques, principalement des artistes d’Europe de l’Est, d’Amérique du Sud ou encore du jazz manouche. « Dont Rodolphe Raffalli, qui a été dans les meilleures ventes en 2003 », prolonge-t-il. Enseignant-chercheur, le propriétaire a convaincu l’un de ses élèves en master, Jérémie Ocelot, de le suivre dans l’aventure trémolacoise. Ce dernier a embarqué Julien Cocset, un de ses amis. Et, depuis février, ils sont à la tête d’Elicourt, une boîte de production. « Philippe nous met à disposition les locaux et le matériel », précise Jérémie. Il faut dire que l’endroit à de quoi faire rêver. Les travaux ont été terminés l’an dernier. Pour le moment, pas de grands noms dans les projets d’enregistrement mais la présence de Julien et Jérémie, depuis février, devrait faire son effet.

Entre le matériel dernier cri et les deux studios d’enregistrement, il y a de quoi se faire plaisir. D’autant plus que l’un des studios, aménagé dans un ancien hangar, fait 300 m2 au sol. L’un des plus grands de France, ce qui offre une infinité de possibilités. « Cet espace peut accueillir jusqu’à 150 musiciens, détaille Jérémie. Autrement dit, on peut recevoir tout un orchestre et enregistrer tous les instruments en même temps. » Autre avantage, le studio ne cherche pas la rentabilité à tout prix. « Tout est payé, valide Philippe Labroue. C’est la chance que j’ai eue : grâce à mon métier d’avocat, j’ai pu tout payer de ma poche. Certains studios parisiens sont obligés de faire du rendement. Ce n’est pas notre cas. Ici, on prend le temps. » Un avantage qui permet à l’équipe de tester plein de choses différentes. Un luxe que n’ont pas les structures qui ont un crédit ou un loyer sur le dos.
Podcasts, tournages et musique
Une philosophie qui colle avec le lieu, où douceur et tranquillité sont de mise. « On héberge des artistes en résidence ici, pointe le propriétaire. Cela peut durer quelques jours ou plus longtemps. » La proximité de la gare de Trémolat est un plus. « Paris n’est qu’à un peu plus de quatre heures en train », appuie Julien. Au-delà de la partie enregistrement pure et dure, le studio trémolacois est également un studio radio, et un lieu de tournages. Notamment pour les étudiants d’écoles parisiennes qui viennent ici pour tâter du terrain.
« On a enregistré pas mal de podcasts ici », valide le propriétaire des lieux. Des résidences d’artistes peuvent également être envisagées. « Il y a des gîtes à côté, ajoute Jérémy. Sans oublier que, pour les artistes de haut niveau, il y a le Vieux Logis à quelques centaines de mètres. » Le but étant de fournir des solutions pratiques et techniques aux artistes lors de leur passage en Périgord. Un service clé en mains, en somme.









