Accueil BIEN naturel Une recyclerie végétale pour recréer des liens entre les hommes

Une recyclerie végétale pour recréer des liens entre les hommes

leur jardin en création, où elles souhaitent accueillir le public
Delphine et Valérie dans leur jardin en création, où elles souhaitent accueillir le public © C.-H. Y
PRENDRE SOIN. La recyclerie végétale Patchouli & Cie, installée à Château-L'Évêque, donne une seconde vie aux plantes : celles-ci deviennent un support de médiation pour réparer un public fragilisé par la maladie, l’isolement.

Et si le végétal devenait un levier de transition écologique, de bien-être, ou contribuait à réparer les âmes et les hommes ? C’est à partir de cette idée que Delphine Audié et Valérie Hivert, deux anciennes collègues investies pendant de longues années dans le secteur médico-social, ont créé l’association Patchouli & Cie, installée depuis quelques semaines dans l’espace Saint-Vincent à Château-L’Évêque. « Nous avons passé quelques jours dans une recyclerie végétale, à Nantes, qui travaille avec des personnes issues de la rue, en réinsertion. Cette expérience nous a permis de mûrir notre réflexion, car nous souhaitions retrouver un lien avec le public que l’on accompagnait dans notre vie professionnelle antérieure », explique Delphine Audié.

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Accompagnée pendant un an par l’incubateur de projets Émergence Périgord, la structure collecte des végétaux (plantes d’intérieur et d’extérieur, graines bulbes, fleurs sèches et fraîches), des pots, du petit matériel de jardin (sécateurs), du terreau, du paillis. Créée en juillet 2025, face à une difficulté certaine de récupérer des plantes, l’association mène plusieurs actions pour sensibiliser au tri et récupérer des végétaux afin de les réutiliser, de les valoriser ou de les composter. Patchouli & Cie veut aussi sensibiliser les communes, notamment aux déchets dans les cimetières. La Chapelle-Gonaguet en tête, six d’entre elles ont signé une convention avec l’association pour autoriser les deux intéressées à récupérer les végétaux jetés par les visiteurs.

Temps d’accompagnement avec l’hortithérapie

© C.-H. Y

« Notre engagement et notre mission ne s’arrêtent pas au réemploi, c’est ce qui le rend totalement innovant », précise Valérie Hivert. Les deux coordonnatrices de l’association poursuivent leurs recherches et vont s’intéresser à l’hortithérapie, qui consiste en une méthode de soin qui utilise le jardinage et le contact avec la nature pour améliorer la santé physique, mentale et sociale. « La France est très en retard dans ce domaine, encore méconnu. Nous avons suivi une formation au domaine de Chaumont-sur-Loire. Notre projet consiste à travailler avec des établissements de santé, des maisons de retraite, des associations dans le champ du handicap, du médico-social, un secteur que nous connaissons bien. Nos activités sont à visée thérapeutiques grâce à la médiation végétale. Aujourd’hui, nous sommes en train de démarcher toutes les structures susceptibles d’être intéressées », explique Delphine Audié.

Médiation végétale

Valérie dans l’espace seconde main, qui a ouvert il y a quelques jours © C.-H. Y

Patchoulie & Cie va donc proposer des temps d’accompagnement à un public fragilisé par l’isolement, l’âge, la maladie. Ils vont favoriser le lien social, la créativité et le mieux-être. Le souhait de l’association est la création d’un jardin de soins accessible au plus grand nombre. Pour y parvenir, elle a besoin de dons de particuliers ou de professionnels (sur rendez-vous). « Nous proposons également des ateliers d’upcycling, pour apprendre à transformer des objets ou matériaux destinés à être jetés en créations utiles, esthétiques et durables. Une façon concrète de sensibiliser chacun aux enjeux environnementaux tout en développant son savoir-faire », ajoute Valérie Hivert. Cette activité ouverte au grand public a débuté avec les élèves de l’école primaire de Champcevinel dans le cadre des temps d’activités périscolaires.

Pour mener à bien son aventure, l’association qui vient d’ouvrir un espace de seconde main a trouvé son écrin : l’espace saint-Vincent, au cœur d’un parc arboré de trois hectares, où elle a ses locaux et où le public peut être accueilli.