Accueil BIEN aimé Le polar a fait escale à Brantôme

Le polar a fait escale à Brantôme

Hervé le Corre, parrain de cette édition © B.R.
NOIR ET VERT. Dimanche 4 octobre, la “petite Venise du Périgord” accueillait la deuxième édition du salon Escale Polar. Rendez-vous est déjà pris pour l’an prochain.

Un doux soleil inondait Brantôme, ce dimanche matin de début octobre. Un temps idéal pour flâner dans la “petite Venise du Périgord vert” et, par la même occasion, faire un tour au salon Escale Polar, deuxième du nom. En tout, une vingtaine d’auteurs avaient jeté l’encre sur les rives de la Dronne, dans le très feutré dortoir des moines, au cœur de l’abbaye. « C’est un beau plateau, confirme Daniel Guiraud, le patron des éditions la Linotte et organisateur de l’événement. On part un peu à la pêche, dans ces cas-là. Ce n’est que la deuxième année. Tous les auteurs présents ont des maisons d’édition. Il n’y en a aucun qui édite à compte d’auteur. »

Le Périgord bien représenté

© B.R.

Parmi eux, des Périgourdins, bien entendu, comme Michel Moyrand, l’ancien maire de Périgueux mais aussi des “étrangers” au territoire, comme David Gauthier, Angoumoisin de son état. « C’est la première fois que je viens, sourit-il. Mais ma belle-famille est originaire de Ribérac. J’étais donc un peu obligé (sourire). Mon livre traite d’un journaliste faits-diversier qui souffre de troubles psychotiques. Il a des monstres dans la tête depuis 25 ans. En fait, il chronique ses propres meurtres. » Pour la petite histoire, c’est le Charentais qui décrochera, à l’heure de l’apéro, le prix Escale Polar 2026. Un prix décerné par un jury composé d’une quinzaine de personnes dont douze lecteurs.

Au final, trois livres sont ressortis de la sélection et c’est donc Adieu les monstres qui a décroché la palme. Juste à côté du lauréat, Michel de Caurel, venu en Dordogne à l’orée des années 1980. « Je n’écris que du thriller, sourit-il. J’ai commencé avec un trilogie périgourdine. Le premier tome portait sur des réfugiés alsaciens. Puis je suis revenu à des choses plus classiques. Même si la Dordogne reste présente, bien entendu.» Ce cru 2026 avait pour parrain le Girondin Hervé le Corre.

Hervé le Corre comme parrain

« J’ai été contacté il y a neuf ou dix mois, calcule-t-il. Je trouve ce genre de salon assez sympa. Ce qui est bien, c’est que, même s’il y a de moins en moins de lecteurs, il y a de plus en plus d’auteurs. Comment lutter ? J’ai été prof pendant 38 ans et je n’ai pas trouvé la solution. Les pouvoirs publics ont délaissé la question. C’est peut-être utopique de croire que ça reviendra. Mais on ne croit pas à l’utopie, qu’est-ce qu’il nous reste ?» Si, à l’ouverture des portes, cela ne se bousculait pas, en termes de fréquentation cela s’est amélioré dans la journée, avec un peu plus de 500 visiteurs. Des tables rondes et des ateliers d’écriture ont clôturé la journée. De quoi encourager les organisateurs à continuer. D’ailleurs, la date du troisième opus est déjà fixée : il aura lieu le premier week-end d’octobre 2027.