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Un retour Sans (aucune) Réserve

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PAROLES ET MUSIQUES. Le Sans Réserve a fait peau neuve : la salle de musiques actuelles de Périgueux rouvre ses portes ce week-end pascal avec une programmation de fête sur trois jours. Et une exposition pour se remémorer le chemin parcouru... en imaginant l'avenir.

Après trois ans et demi de fermeture, l’association gestionnaire réinvestit son lieu historique et abandonne ses solutions d’événements hors les murs, d’itinérance et d’adaptation. En plus des rendez-vous musicaux prévus pour l’inauguration, le public pourra profiter de l’exposition Mues du photographe périgourdin Kristof Guez (vernissage vendredi 3 avril à 18h30, visible jusqu’au 5 juillet). Il a été invité en résidence, avec Échelle1, pour documenter le chantier de restructuration de cet équipement phare du quartier du Toulon, à Périgueux. À partir de documents d’archives et en produisant des images de ce temps suspendu pendant la durée des travaux, l’artiste convoque en un même lieu le passé et l’avenir de la salle, dans une superposition pleine de surprises.

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« J’ai toujours été intéressé par les chantiers », confie l’artiste. Quand la proposition de suivre la dernière partie du chantier du Sans Réserve est arrivée, il s’est plongé dans la transformation du bâtiment. De l’automne 2025 à maintenant, au plus près des ouvriers et artisans. « Ce n’est pas un reportage, mais ça montre une vraie vie ici entre l’ancien et le nouveau Sans Réserve, du passage, des gens très investis et qu’on voit rarement quand on célèbre un bâtiment. » L’occasion aussi de rappeler ce qu’était ce lieu avant l’appel de la musique porté par un collectif de jeunes. « J’avais la volonté de parler du temps qui passe et de sa relativité, ces images sont autant de charnières de moments de vie. C’est du temps affiché au mur, sans volonté de faire de belles images. » De manière générale, Kristof Guez s’intéresse à l’évolution des lieux, notamment les paysages, et aux rapports que l’homme entretient avec eux. Mues raconte une métamorphose.

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L’inauguration officielle de la salle rénovée était suivie par la projection du film « Sans Limite » réalisé par les habitants du quartier et une représentation des Tambours du Périgord et d’Ailleurs, près des foodtrucks d’Al Mosaïc (libanais) et Miumymiumy (cuisine du monde). En attendant les concerts de la soirée, les amateurs de blind test ont tendu l’oreille à « Juliette, aux platines entre deux changements de plateaux au Club, avec des lots et un « ticket d’or » : 1 an de concerts gratuits au Sans Réserve. » Trois soirées de ce long week-end célèbrent la salle nouvelle version, en accès gratuit.

Un outil pur son

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Ce nouveau Sans Réserve améliore les conditions d’accueil du public et des artistes. L’extension de 350 m² au sol et 200 m² à l’étage a permis d’ajouter à la grande salle existante d’une jauge de 500 places debout, principal espace de diffusion de la structure, une salle Club, avec scène amovible, pour 180 places debout pensée pour favoriser la proximité entre les artistes et le public. Équipé d’un bar, il appelle « des formats plus intimistes, des esthétiques variées et des artistes émergents ». Des loges pour les artistes, une salle de restauration collective et des espaces de travail ont été créés à l’étage. Le site accueille également un Espace de vie sociale, ce qui renforce son rôle de lieu culturel et de proximité, ouvert sur le quartier.

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Cet espace plus vaste, fonctionnel et modulable offre davantage de possibilités de programmation. La conception est signée du cabinet d’architectes  Eyearchitecture Stéphane Danet associé au cabinet LH architecture Fanny Laureau, de Bordeaux.

Le travail de façade repose sur l’insertion de parties ajourées pour un jeu de lumières et de transparences. L’aménagement paysager d’un parvis par les services de la Ville finalisera les abords.

26 ans de scène

Le Sans réserve, labellisé Scène de musiques actuelles (SMAC), a bénéficié d’une opération de restructuration et d’extension du bâtiment, modernisation entreprise à partir de 2023. Ce lieu culturel créé en 2000 par la Ville de Périgueux est animé par une équipe d’une dizaine de personnes, longtemps dirigée par Guy Garcia et actuellement par Rémi Chastenet, ainsi que des bénévoles impliqués dans la diffusion, l’accompagnement des pratiques, l’action culturelle et le soutien à la création.

L’association gestionnaire s’occupe également des studios de répétition équipés et d’un studio d’enregistrement, situés à la Filature de l’Isle. Ces espaces sont accessibles sur réservation et sur abonnement.