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Les terres promises d’une sculptrice

Les fils du vent, Christine Darboux © SBT
ATTENTION FRAGILE. Christine Darboux cultive des talents d'écriture, mais son cœur d'expression reste la sculpture, discipline dans laquelle elle est largement reconnue. En retrait depuis une dizaine d'années, ne participant qu'à des présentations collectives, elle fait son retour avec une exposition personnelle dans le superbe espace de la galerie BIM'Art.

Le mouvement et la puissance : les visiteurs qui poussent la porte de la galerie BIM’Art, à Saint-Laurent-sur-Manoire, pour circuler dans les salles où s’étire l’exposition des sculptures de Christine Darboux, ressentent aussitôt la forte présence de représentations à la fois solides et aériennes. La cavalcade, chevaux au vent, qui inaugure la découverte dit beaucoup de la liberté créatrice de l’artiste, de sa ligne d’horizon, aussi : droit devant et, si possible, au milieu de ses semblables.

Animatrice de La voix des arts sur RLP (une mine d’informations sensibles sur les artistes au féminin), autrice, curieuse d’événements culturels de tous ordres, l’artiste sculptrice-modeleuse de terres promises à ses créations a repris le chemin des expositions depuis un an, en sortant quelques-unes des pièces qui dorment dans un box : ce rendez-vous automnal, à visiter jusqu’au 1er novembre, est sa première exposition personnelle depuis 2014.

Loi fondamentale

Scènes animales (taureau-cheval ou seulement chevaux), pas de danse homme-femme (tango) et même le duo Don Quichotte et son fidèle Sancho peuvent se lire en un curieux et fougueux parallèle.

© SBT

Présentée lors du vernissage par Jean-Pierre Gardette, maire délégué de la commune et adjoint à la culture de Boulazac Isle Manoire, Christine Darboux a détaillé la version duale, voire duelle, de ses représentations, qui vont au-delà d’une apparente opposition. Les contraires s’aimantent et se complètent, dans l’étreinte de la passion ou le lien amical, le danger et l’énergie des forces de la nature. « Avec le Yin et le yang, représenté par deux chevaux enlacés, la roue de la vie peut se mettre à tourner. » Son poétique Duo-Duel s’achève sur le mot Amour.

Méditation artistique

Yin-Yang, Christine Darboux © SBT

Le cheminement, émaillé de citations et extraits (dont l’Apocalypse de Saint-Jean), et d’invitations à la réflexion menées par les textes de l’artiste-autrice  — Qui est Don Quichotte ? Sur le cheval, Sur l’art d’enfouir ses mains dans la terre, sur le mystère de loup (et la crainte de celui à deux pattes !), sur la voie d’équilibre du Tao, poésie de La Croix universelle ou du pèlerinage vers Saint-Jacques qu’elle a pratiqué — peut durer de longues minutes de contemplation et de méditation, en ces belles compagnies imaginaires ; dans le souvenir photographique, aussi, d’œuvres que Christine a réalisé et qui ont été dispersées. L’hommage de l’association Mephisto tango souligne l’intensité des sentiments exprimés par l’artiste, émergeant des terres cuites. On note aussi ses pointes d’humour, transpirant des représentations de Bacchus.

© SBT

L’expression de son art est indissociable du partage, l’atelier qu’elle occupait en Périgord vert était d’ailleurs largement ouvert : « J’aime toutes les expressions artistiques, j’ai envie de continuer à affirmer une singularité, à transmettre ; l’art est ouverture d’esprit et sur le monde, il est vecteur de convivialité et d’interrogations, et se partage avec sincérité« .