« Les infiltrations d’eau dans les charpentes pourrissent les bois qui sont fragilisés. Elles risquent aujourd’hui de s’écrouler et poussent les murs vers l’extérieur.» Cette courte description résume le péril qui guette le château de Saulnier à Saint-Front la Rivière, près de Brantôme. Cette maison forte reconstruite au XVIe siècle, dans la même famille depuis 1787 est inscrite aux monuments historiques depuis 1969. Cette imposante demeure risque l’effondrement si rien n’est fait.

L’importance de ce dossier a convaincu le jury des VMF 24, les Vieilles maisons françaises de Dordogne, de lui attribuer son prix biennal a annoncé Thomas McDonald, le président du jury, aux côtés de sa déléguée départementale, Sophie Dupont. Ils ont remis un chèque de 10 000 euros aux propriétaires Benoit et Agnès Durieux. Il sera très utile pour la restauration de leur bien.
Un effet de levier
Des études lancées par l’architecte du patrimoine Luc Joudinaud, de l’agence La Gare basée à Excideuil, pour assurer la pérennité de l’ouvrage, ont trouvé une solution de consolidation de la charpente en place pour un montant de 300 000 euros. « Votre aide aura un effet de levier pour trouver d’autres financements », remerciait Benoit Durieux.

Général en retraite après une belle carrière militaire dans l’armée de terre et la légion, chargé de cours à l’université du Panthéon, il s’est lancé avec son épouse et sa famille dans le sauvetage de ce bien dont il est devenu responsable depuis le décès de son père. « Avec nos cinq enfants, nous avons décidé de tout faire pour le remettre en valeur.» Un défi qui demande de trouver des financements.
Avec la fondation du Patrimoine
Une cagnotte a été ouverte auprès de la Fondation du Patrimoine et ils vont frapper à toutes les portes.

Aux VMF, la faisabilité de cette opération a été appréciée, ainsi que sur les critères correspondants aux valeurs de l’association pour sauver du patrimoine privé en péril. Rappelons qu’en Dordogne, la première déléguée a été la baronne de Bastard, la propriétaire du château de Hautefort qui avait brûlé en 1968. Elle avait engagé ses biens personnels pour le faire revivre. Ce prix 2026 a été en partie financé par le mécénat de Jean-Marc Capelle, le patron de l’entreprise de maçonnerie Lafaye de Montagrier, spécialisée dans le bâti ancien.
Deuxième département français

Le poids du patrimoine compte en Dordogne qui est le deuxième département français en nombre d’adhérents pour les VMF (après le Maine-et-Loire), représentant 680 personnes souligne Sophie Dupont. Les propriétaires du château Saulnier en font partie, dans un secteur du Périgord moins riche que le Périgord noir, qu’il est important de mettre en valeur. Aux beaux jours ils organisent des visites pour le public.
Le deuxième choix du jury avait été pour la chartreuse de Fontroubade à Lacropte, achetée depuis deux ans par Ambre et François qui ont de nombreux travaux à faire pour lui donner de nouveaux usages sur lesquels ils réfléchissent.
Bref, aux VMF les projets à aider ne manquent pas pour de nombreuses années.
Une remise des prix à Saint-Léon sur Vézère

C’est au château de Clérans, joli bâtisse qui remonte aux XIIIe siècle et au XVe siècle entourée d’un vaste parc en bordure de Vézère, que les membres des VMF se sont retrouvés le 26 septembre pour la remise de leur prix biennal. Ils ont été accueillis par Andrea et Marie Innorta, propriétaires des lieux depuis 2018.

Ce médecin spécialiste de Clermont-Ferrant, tombé amoureux de Clérans, a dû investir pour refaire la toiture et donner tout le confort nécessaire à la vie dans ce château. Tous deux se sont investis dans la vie du village, mais le bâtiment n’est pas ouvert aux visites.









