A Saint-Germain-du-Salembre, à l’entrée de la Double, l’envie de mettre en valeur son histoire est partagée par ses habitants. La commune est adhérente de l’association intercommunale, Les Patrimoniales de la Vallée du Salembre. Depuis un an, au moment des journées du patrimoine, le projet de restaurer une tour qui surplombe le village face à l’église, a été lancé. On pourrait croire qu’il s’agit d’un ancien moulin à vent, mais c’est un colombier du XVIIe siècle, vaste pigeonnier seigneurial, autrefois rattaché au château privé qui se trouve en contrebas.
La commune disposant de moyens financiers limités et la restauration étant estimée à 250 000 euros, un système de chantier participatif a été choisi. « Avec nos petites mains et les bonnes volontés des bénévoles et les conseils d’artisans ou de professionnels à la retraite, nous nous sommes lancés », explique la maire Sandra Paillot. Les coprésidents des Patrimoniales Jean-Marie Bourland et Serge Larue de Charlus, ont mis leur réseau en action pour trouver des aides. Mais c’est d’abord l’enthousiasme des habitants qui retroussent leurs manches sur ce chantier chaque samedi qui fait avancer les choses.
Du mortier à la chaux

Madame la maire met aussi ses gants pour venir arracher les ronces. Parmi la trentaine de bénévoles, ce jour-là fourche à la main, on trouve Maria et Dominique qui ont travaillé dans les usines des environs, Cathy élue municipale et ancienne conseillère dans une banque, et Franck, un autre retraité. Nicolas, arboriculteur et ancien maçon, est venu avec un tracteur équipé d’un godet pour pouvoir dégager plus vite les abords du mur d’enceinte du terrain. « C’est l’autre chantier avec le colombier, explique la maire, mais on travaille sans pression. » Le terrain communal qui surplombe le château privé doit être nettoyé et remis en état pour accueillir les habitants. Aucun projet n’est fixé, pas plus pour l’intérieur du bâtiment, mais il devra servir à tout le monde, comme le colombier une fois restauré.

Pour l’instant la tour est entourée d’un échafaudage qui a été prêté par une entreprise. Il est consolidé et sécurisé par Claude et René, deux retraités bricoleurs qui ont travaillé dans les travaux publics et la logistique. Ils trient les pierres réutilisables pour consolider le sommet avec du mortier fabriqué avec de la chaux fournie par l’usine de Saint-Astier, réputée dans la restauration du patrimoine.
Bien sûr pas question d’utiliser du ciment pour un tel monument, même s’il n’est pas classé. Une architecte des bâtiments de France est passée donner des conseils de bonnes pratiques. Un crépi à l’ancienne couvrira à terme les pierres apparentes trop fragiles.
La barrière contre les rats

Le colombier a déjà été nettoyé et vidé des mètres cubes de déblais qui encombraient l’intérieur. La prochaine étape sera de reconstituer la randière, corniche de pierres plates alignées vers le haut du mur pour servir de barrière contre les rats.
Il n’était pas question que les rongeurs viennent se servir dans les nids pour voler les œufs et manger les jeunes pigeons. Cette ceinture servait aussi de larmier, pour empêcher l’eau de ruisseler sur les murs. Des pierres neuves sont arrivées pour cette opération. La reconstitution des boulins, les cavités qui abritent les nids, sera assurée avec des briquettes plates qui ont été récupérées.

Toutes ses opérations se déroulent dans la bonne humeur tous les samedis, avec l’indispensable casse-croûte pour passer un bon moment entre bénévoles. La grosse étape suivante sera la reconstitution de la charpente disparue. « On nous a donné du bois et Philippe de Séverac, un ancien compagnon, viendra coordonner le chantier de fabrication sur le terrain devant le colombier », explique Sandra Paillot. Ce sera un moment important qui redonnera son aspect originel avec son toit pointu.

Il faudra encore des mois de chantier et trouver des fonds pour compléter les apports de la commune et le don d’une habitante, ainsi que la participation bientôt lancée sur le site de la Fondation du Patrimoine. Samedi 19 septembre, les bénévoles seront au travail pour les Journées du Patrimoine, mais l’animation de cette année concernera les souvenirs des vieux commerces du village. « Quand il y avait encore les usines comme les chaussures Aster, il y avait des bars, des boulangeries, boucheries et épiceries : c’était très vivant », se souviennent les anciennes. Aujourd’hui il ne reste plus qu’un bar-tabac restaurant qui a été maintenu à flot grâce à la collectivité.









