Accueil BIEN ensemble Le Café village de Trémolat, un lieu d’échanges et de partage

Le Café village de Trémolat, un lieu d’échanges et de partage

Christophe Léonidas © B.R.
UN CAFÉ, L'ADDITION. Depuis 2021, le petit village de Trémolat, sur les rives de la Dordogne, a son café associatif. Un lieu de rencontres et d’animations, nécessaire pour créer du lien social.

On peut en penser ce qu’on veut, la fin des bistrots, c’est la fin du lien social. Surtout dans les petits villages. Dans ces lieux de vie, on échange les nouvelles, on discute des récoltes, de la chasse, de la météo, du rugby et on se sent moins seul, au moment du petit noir du matin ou de l’apéro du soir. Mais, désertification rurale oblige, les bars de village ont tendance à fermer, définitivement, le rideau. Les petits bourgs de Dordogne devenant, de fait, des cités dortoirs.

Recréer du lien social

Pour pallier ce manque de lien, certaines communes ont eu l’idée de mettre en place des cafés associatifs. C’est le cas de Trémolat, entre Périgord noir et pourpre. « L’idée est née en 2021, explique Christophe Léonidas, le président de l’association. C’est une initiative d’habitants de la commune. À Trémolat, il y a des restaurants, mais pas de bar. Ils trouvaient que le village était mort. D’où la volonté de faire un lieu où tout le monde se retrouve. »
Concerts, ateliers de couture, lieu de vie, le Café village est à mi-chemin entre une maison des associations et un bistrot de village. C’est, par exemple, le quartier général des Reines du foot, ces femmes de plus de 50 ans qui ont monté une équipe de foot et qui organisent, en septembre prochain, une Coupe du monde à Trémolat. « C’est une initiative du conseil municipal mais pas seulement, appuie le président. Le but était d’en faire un lieu d’animations et de vie. » C’est juste à la sortie du bourg, en direction du fameux cingle, que se trouve l’ancienne boucherie, convertie en logement vacant depuis longtemps et loué par la mairie.

Un lieu intergénérationnel

© B.R.

« C’est le lieu idéal, appuie Christophe Léonidas. Tous les soirs, il y a des animations. Les soirées “fish and chips” du mercredi connaissent un grand succès. » Il faut dire que le coin accueille une grande colonie britannique, la proximité de l’aéroport de Bergerac n’étant pas étrangère à ce fait. Mine de rien, pour une commune de 600 habitants, le Café village compte près de 250 adhérents. Un joli succès pour cette idée qui a su trouver son public. « Tous ne sont pas de Trémolat, précise le responsable. Certains viennent d’Eymet, Sarlat, le Bugue ou même Bergerac. »

Et toutes les générations s’y retrouvent. « Pour les jeunes, c’est un peu plus compliqué, avoue Christophe Léonidas. Mais, pour eux, on crée des choses spécifiques. Pour Pâques, par exemple, on a mis en place une chasse aux œufs. Ou encore une conférence sur le Muséum d’histoire naturelle de Paris. » Qui dit association, dit adhésion. Celle-ci coûte 15 euros à l’année ou 2 euros pour la soirée. Cette création a pu faire grincer quelques dents, de l’aveu du président. « Certains ont pensé qu’on captait leur clientèle. De notre côté, on pense que plus il y a d’offres, plus il y a de demandes. Cela permet de créer une attraction supplémentaire dans la commune. » Et de développer le lien social qui fit, pendant longtemps, le ciment des zones rurales.