Accueil BIEN avec les jeunes Un nouveau festival pour faire circuler les musiques

Un nouveau festival pour faire circuler les musiques

La dernière soirée sera festive avec Rackham.
La dernière soirée sera festive avec Rackham. © Pierre Dubuis / Charlotte de la Chenelière
PREMIÈRE ÉDITION. Du 17 au 20 août, un nouveau festival s’installe entre Périgueux et Bergerac. Portées par le pianiste César de Gurbert, Les Musicales du Caudeau veulent donner leur place aux jeunes artistes et croiser les univers musicaux. Un retour aux sources pour le musicien, qui a grandi dans le secteur.

Depuis ses années collège et lycée passées à Saint-Martin-des-Combes, que de chemin parcouru pour César de Gurbert ! S’il vit aujourd’hui à Bordeaux, depuis l’obtention de son diplôme de fin d’études au conservatoire en 2021, le jeune pianiste nourrit le projet de se réinstaller en Dordogne, où il multiplie les activités. « Dans ce territoire hyper riche, c’est plus facile pour moi d’être programmé… Un pur bonheur », sourit-il.

Le musicien compose notamment pour le théâtre avec les compagnies bergeracoises Roi de Cœur et Elles Disent, et accompagne au clavier le rappeur périgourdin Antoine Lacombe. Une manière de cultiver une vision ouverte de la musique, où les genres et les univers se rencontrent. Une vision qu’il aimerait désormais partager avec le plus grand nombre.

Artistes en devenir

Pour César de Gurbert, les compositions de musique latino-américaine, n'ont rien à envier aux maîtres européens.
Pour César de Gurbert, les compositions de musique latino-américaine, n’ont rien à envier aux maîtres européens. © Laboratoire Argentique de Noblat

De là est née l’idée de créer un festival sur ses terres. « À Saint-Martin-des-Combes et à Saint-Georges-de-Montclard, village tout proche, il ne se passe pas grand-chose l’été. Quant aux festivals alentours, Saint-Amand-de-Vergt ne programme que des artistes confirmés, et la programmation de Saint-Félix-de-Villadeix se fait à l’année… »

À 24 ans, César de Gurbert souhaite donc ouvrir un espace aux formes musicales plus libres et aux artistes en devenir. Pour lancer cette première édition, il sollicite son cercle proche, ses parents et ses amis. L’association Opus 24 voit ainsi le jour en septembre dernier. L’objectif dépasse déjà ce premier festival : recruter des bénévoles, financer de futurs projets et, à terme, construire une véritable saison musicale.

Avec un budget restreint, l’artiste a choisi de rester bénévole pour le festival. « À moins que les recettes provenant du chapeau soient suffisantes pour me rémunérer », calcule-t-il. Les artistes invités, eux, seront rémunérés.

Quatre soirées, quatre univers

La programmation reflète justement cette envie de décloisonner les répertoires. Le festival devait s’ouvrir lundi 17 août avec le Quatuor Hermione, issu du Conservatoire de Bordeaux. Pour des raisons de santé, il sera finalement remplacé par la violoncelliste bordelaise Manon Bex, qui proposera un récital autour des Suites de Bach.

Le lendemain, 18 août, César de Gurbert présentera “Piano Fuego”, son récital consacré à la musique classique sud-américaine. Un projet qu’il mène déjà en tournée et qui permet de découvrir un répertoire méconnu, celui de compositeurs des XIXe et XXe siècles dont les œuvres ont  été « publiées de leur vivant de manière confidentielle ».

Son goût pour ces partitions « géniales et pas immensément jouées », le pianiste le doit notamment à sa première enseignante, la pianiste et pédagogue cubaine Olga Valiente, rencontrée à l’Académie Caribéenne de la Musique, en Martinique, où il a vécu enfant. « Ces partitions mêlent l’exigence de la musique classique au feu de la musique populaire. Comme si la rue s’invitait dans les salons feutrés… Cela tient aux rythmes imitant ici le tambour, là les maracas… »

Le duo Mélusine promet un concert chaleureux, intimiste et émouvant.
Le duo Mélusine promet un concert chaleureux, intimiste et émouvant. © Fabrice Camélia

Le 19 août, César de Gurbert retrouvera son amie de longue date Anna Deurre au sein du duo Mélusine, pour un répertoire mêlant jazz, chanson française et mélodies latino-américaines.

Barbara, Anne Sylvestre, Ella Fitzgerald ou encore Henry Mancini figurent au programme. Le duo s’est notamment produit au Festival Jazz Pourpre en 2025 et a enregistré un premier EP, “Jardin d’hiver”, en 2024.

Enfin, le 20 août, César développera son jeu percussif au piano au sein de Rackham, trio de musique celtique actuelle qu’il forme avec deux camarades du conservatoire : Angèle Pungier à l’alto et Lucas Testavin à la batterie.

De la musique, mais aussi un moment à partager

Quatre soirées, quatre propositions : de quoi entretenir l’effet de surprise et, surtout, donner envie au public de suivre cette première aventure jusqu’au bout. Les organisateurs espèrent le voir nombreux et, pourquoi pas, de plus en plus au fil des soirées.

Le duo Chimères proposera une épopée dans laquelle se laissent embarquer petits et grands.
Le duo Chimères proposera une épopée dans laquelle se laissent embarquer petits et grands. © Chimères.

Les plus jeunes auront d’ailleurs leur propre rendez-vous dès 18 heures, avec le conte musical “Le Roi Arthur”. Le duo Chimères, formé par Inès Gabillet et Angèle Pungier, revisitera la célèbre légende dans un paysage sonore à la fois enchanteur et mystérieux.

Le spectacle sera suivi d’une table gourmande conviviale sous la halle de Saint-Martin-des-Combes. Plusieurs animations familiales — jeux en bois, pétanque… — permettront de prolonger la soirée avant le concert de clôture.

Une première édition à l’image de son jeune directeur artistique : curieuse, éclectique et attachée à l’idée que la musique n’a pas besoin de choisir son camp. Classique ou populaire, savante ou improvisée, ancienne ou contemporaine : aux Musicales du Caudeau, elle est surtout invitée à circuler.