La canicule a eu raison du festival Joséphine Baker dont la quatrième édition devait se dérouler à Sarlat et au château des Milandes du 26 au 28 juin. Mais son fondateur Claude Pierre-Bloch a vite rebondi en faisant suivre son annulation d’un report. C’est désormais du 23 au 25 octobre prochains que la manifestation est programmée, en partie accueillie à Sarlat par son nouveau maire Basile Fanier et au château des Milandes par sa propriétaire Angélique de Labarre.
L’exposition inédite sur les femmes dans la Résistance en Dordogne sera bien présentée à cette occasion, ainsi que des débats et le salon du livre avec la plupart des auteurs prévus. L’humoriste Sophia Aram restera la marraine et le journaliste animateur Michel Drucker endossera son rôle de parrain. Sur le principe, l’écrivain Boualem Sansal a confirmé sa présence, quitte à continuer à générer des contestations. Des associations de gauche avaient prévu de manifester samedi 27 juin. Voilà qui annonce des débats à l’heure de la rentrée politique et donnera un coup de projecteur sur le Périgord. La Licra, la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme, qui organise l’événement, a son point de vue à défendre.
Les prix littéraires du festival
Ce report entraîne une opération qui n’est pas neutre économiquement et les organisateurs espèrent que les partenaires et le public seront au rendez-vous. La partie livre verra peut-être d’ici la sortie de nouveaux ouvrages, mais les prix du festival ont déjà été attribués par le jury. Ils seront remis lors de la soirée de gala. Le grand prix du festival revient au journaliste Jean Birnbaum, pour “La force d’être juste” (Editions Flammarion). Un essai salutaire en ces temps clivés sur le courage de défendre ses idées. L’auteur s’appuie sur George Orwell et Simone Weil, pour ”changer le monde sans refaire les mêmes erreurs”.
Le prix Périgord a été attribué au remarquable ouvrage du cartographe géographe Patrick Ranoux et de l’archiviste historien Bernard Reviriego, “l’Atlas de la Seconde guerre mondiale en Dordogne” (Editions Pierrefiche). Un travail de synthèse qui permet de comprendre la complexité de cette période dans un département qui a vu passer ses cortèges de déplacés, a connu une résistance très forte accompagnée d’une répression féroce. Il devrait être dans toutes les écoles.
Coup de cœur
Le prix de l’universalisme, raconte sous forme de BD la vie de Joséphine Baker qui portait très haut cette valeur, avec “Joséphine de Saint-Louis au Panthéon” par Alain d’Amato et Monsieur K. (Éditions Aldacom).
Enfin un coup de coeur a été donné à Marianne Bouillon-Baker, l’un des douze enfants de la tribu arc-en-ciel adoptés par l’artiste du monde, pour son témoignage “Je suis la fille de Joséphine Baker” (Editions Glyphe). La question de cette famille très recomposée par une maman idéaliste est souvent posée à ses membres. Marianne y répond avec son cœur.
La réflexion est aussi lancée sur la date du festival pour les prochaines années, qui trouvera peut-être mieux sa place à l’automne. En tout cas il a toujours toute sa place pour que la Licra qui l’organise continue à défendre avec force et vigueur ses valeurs en s’appuyant sur celles que défendait Joséphine Baker. Elle serait aujourd’hui désespérée de voir tous ces enfants mourir au milieu des conflits qui se multiplient.









