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Une nouvelle BD sur la vie de Joséphine Baker

Alain D’Amato et Angélique de Labarre © B.R
UNE ÉTOILE ET DES BULLES. L’éditeur de bandes dessinées Alain D’Amato vient de publier une BD sur la vie de Joséphine Baker. Elle est déjà disponible aux Milandes et sur le site internet de l’éditeur, les éditions Aldacom.

De Saint-Louis (Missouri, États-Unis) au Panthéon. C’est l’itinéraire d’une petite fille née noire, dans un pays gangréné par le racisme et qui, toute sa vie, luttera contre les inégalités. C’est aussi le titre de la nouvelle BD d’Alain D’Amato au scénario et Monsieur K pour les dessins, consacrée à Joséphine Baker. « J’ai rencontré Brian Bouillon, l’un des fils de Joséphine sur un salon, explique l’auteur. On a discuté et il m’a dit qu’il n’y avait rien dans ce style sur sa mère. C’était en 2023 mais j’avais déjà d’autres projets en route. »
Puis Alain D’Amato est revenu vers Brian Bouillon pour reparler du projet. Un projet qu’il a fallu monter de toutes pièces. « Il a fallu que je trouve un dessinateur, poursuit-il. Je connaissais Monsieur K mais on n’avait jamais travaillé ensemble. Puis j’ai beaucoup échangé avec les enfants de Joséphine, ainsi qu’avec Angélique de Labarre, la propriétaire des Milandes. » Ensuite, il a fallu se plonger dans les archives, les témoignages pour un résultat qui colle le plus possible à la réalité de qui était Joséphine Baker.

Une Joséphine intime

Si le grand public connaît l’artiste, la mère de la “tribu arc-en-ciel” et la reine des Milandes, en Périgord noir, peu savent qu’elle venait d’un milieu modeste, abandonnée très jeune par son père, passionnée de danse, croqueuse d’hommes, parfois colérique, mais toujours profondément humaniste. « Le but n’était pas d’en faire la sainte des saintes, valide l’auteur. Je voulais aussi montrer ses défauts. Mais sans insister dessus. C’était une personne avec beaucoup de cœur. » Au fil des pages, on (re)découvre une Joséphine passionnée, aimante, généreuse, sans doute trop, ce qui lui a coûté les Milandes, au mitan des années 1960. Son histoire avec le Périgord n’est ni linéaire, ni idyllique.

Un travail de longue haleine

Si, aujourd’hui, son nom est mis à l’honneur, il ne faut pas oublier qu’elle a souffert du racisme et que, certains, peu scrupuleux, n’ont pas hésité à abuser de sa générosité et de son argent. Cet aspect, longtemps occulté dans le roman du coin, n’est pas oublié dans la BD. Tout comme l’action de Joséphine pendant la Seconde Guerre mondiale, en tant qu’agent de liaison, ni son action auprès des Noirs américains dans la lutte pour les droits civiques.

« Comme tout le monde, je connaissais Joséphine, mais il y avait des périodes de sa vie qui m’échappaient. Il a fallu remonter le fil et lire beaucoup d’archives et voir beaucoup de reportages pour découvrir qui elle était. J’ai également échangé avec ses enfants, afin de mieux connaître leur mère. » Et, bien entendu, l’auteur salue ses choix, notamment politiques. « Pendant la guerre, elle a choisi la voie de la Résistance, là où d’autres ont choisi de collaborer, c’est un choix fort », pose-t-il. Celui, aussi, de la gamine de Saint-Louis.

Joséphine, de Saint-Louis au Panthéon, par D’Amato et Monsieur K. En vente au château des Milandes et sur Aldacom.fr. Album de 64 pages, 19 euros.

Cette nouvelle parution BD s’ajoute à la référence du genre, l’ouvrage de Catel & Bocquet consacré à Joséphine et édité chez Casterman.