Ce festival « historique » du Périgord noir a réussi l’étape de la transmission et du passage de relais à une équipe très investie, autour de son président Patrice Liénart. L’identité de ce rendez-vous à taille humaine continue de conjuguer une diversité de répertoires et un accès à tarifs adaptés (de 26 € en tarif plein à 10 pour le jeune public et les demandeurs d’emploi, et des formules adhérents et pass), en investissant des lieux patrimoniaux, du plus intimiste au site incontournable.

Depuis 1989, le festival a attiré 30 000 spectateurs qu’il a su fidéliser au fil de 230 concerts. Pour cette nouvelle saison quatre concerts et un atelier musical pour les enfants sont proposés par des artistes talentueux et de renom, pour des moments musicaux d’exception.
La musique classique ainsi révélée sous son meilleur profil, avec une attention particulière portée au jeune public, est un pari tenu « dans un contexte culturel fragilisé : la rigueur de gestion des années précédentes, et la participation fidèle des adhérents de l’association et des spectateurs nous permet de maintenir une offre artistique exigeante », souligne Patrice Liénart.
Classique convivial
Quatre ensembles remarquables sont programmés cet été. Tout va commencer lundi 20 juillet, sur les rives de la Vézère, au Bugue, avec un concert-apéritif très festif mêlant baroque et rythmes jazzy, de Bach à Gershwin, par le quintette de cuivres Aérïs (au tarif spécial de 12 €).

L’église de Saint-Chamassy accueillera un concert spécialement dédié au jeune public, un atelier musical pour les enfants conçu par les artistes de renom du Quatuor Léonis. Puis c’est dans l’église romane d’Audrix, berceau du festival, que ce même quatuor, lauréat du concours international de Genève, proposera un florilège d’extraits d’œuvres illustrant l’histoire de la musique à cordes.
Comme à chaque édition, le parc du château de Campagne servira de sublime décor, au crépuscule, à la soirée du Département de la Dordogne : le Café Zimmermann interprétera un programme baroque mêlant voix, musique française, italienne et flamande, pièces royales et danses paysannes.
Qualité en partage
Le festival refermera sa parenthèse estivale au Pôle International de la Préhistoire, aux Eyzies, dont l’auditorium bénéficie d’une excellente acoustique, avec un répertoire Schubert exécuté par le trio Wanderer, distingué à trois reprises par les Victoires de la Musique. Il sera alors temps de se séparer avec un dernier verre de l’amitié, offert par les communes pour réunir les amoureux de la musique dans une ambiance conviviale, à la fin de chaque soirée. « Une spécificité qui permet à chaque fois de belles rencontres entre artistes et public », assure le président, qui loue l’engagement des bénévoles et partenaires qui permettent au festival d’exister aux yeux et aux oreilles du public.
La séparation ne sera pas encore définitive jusqu’à la prochaine édition puisque deux concerts se jouent hors saison, samedi 5 septembre, à 20h30, à la chapelle Saint-Martin de Limeuil (Quatuor Armingaud, Crépuscule : Schubert, Dvorjak, Mozart) et dimanche 25 octobre, à 17h, à l’Espace André Malraux de Cendrieux-Val-de-Louyre-et-Caudeau (avec les jeunes prodiges du festival pour du Saint Saëns, Ravel, Fauré).
Le programme en détail

• Lundi 20 juillet, 18h, bords de Vézère, Le Bugue.
Ouverture idéale, en fanfare : concert-apéritif avec Aérïs, quintette de cuivres présent depuis 25 ans en Occitanie (musiciens tous premiers prix de conservatoire) pour un voyage musical dans l’histoire et l’évolution de la grande famille des cuivres, de Bach à Gershwin, du baroque majestueux aux rythmes jazzy dans des interprétations alliant pédagogie, humour, spatialisation et diversité musicale.
• Mercredi 24 juillet, 15h, église de Saint-Chamassy.
La p’tite histoire du quatuor à cordes en musique, avec le Quatuor Léonis, en partenariat avec les centres de loisirs “Enfants des deux rivières”, animation ouverte à tous les enfants à partir de six ans. Le jeune public goûtera à un moment joyeux et interactif, un spectacle musical, ludique, vivant, pensé comme une plongée dans l’univers de Haydn, Mozart, Beethoven… Les enfants découvrent les instruments, écoutent, expérimentent, posent des questions… et surtout, s’amusent, avec de petites surprises. Une expérience accessible, curieuse, pleine d’énergie.
• Mercredi 24 juillet, 21h, église d’Audrix.
Avec Quartet story, le Quatuor Léonis bouscule les codes du quatuor à cordes et embarque le public dans une immersion vibrante au cœur d’œuvres phares pour éclairer des
révolutions stylistiques et deux siècles d’inventivité. Objectif : aller chercher des publics qui n’imaginaient pas aimer un quatuor, en inventant de nouvelles formes pour surprendre et émouvoir.
Ce concert à la fois accessible et ambitieux, pensé pour captiver les passionnés comme les curieux, diffuse une énergie créative rare, abolissant les frontières entre musique classique, théâtre, danse, littérature, vidéo et création contemporaine.
• Lundi 27 juillet, 21h, Parc du château de Campagne.
Récits de l’éternité avec Café Zimmermann, pour un programme : Marin Marais, André Campra. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, l’éternité se vit comme une évidence sacrée, la musique élève l’âme et nourrit la dévotion. La beauté envoûtante de la Sonnerie de Sainte Geneviève de Marin Marais invite à une méditation profonde, suspendue, hors du temps. Par son timbre voluptueux, la soprano Claire Lefilliâtre révèle la douceur et la sensibilité des motets. Puis, loin du recueillement, dans l’intimité de Louis XIV et à la Cour, flûte et violon font danser gavottes, rigaudons et sarabandes. Café Zimmermann rassemble en un même souffle musique française, influences italiennes et flamandes, motets sacrés, pièces royales et danses populaires.

• Lundi 3 août, 21h, Pôle d’Interprétation de la Préhistoire, Les Eyzies. Après l’Espagne, le Japon et la Chine, le Trio Wanderer, figure incontournable de la musique de chambre à la parfaite cohésion, clôturera le Festival avec des trésors du répertoire : Smetana trio Op.15 (ah, la Moldau…), puis Schubert trio Op.100 (ah, l’andante célébré dans Barry Lyndon…), œuvres magistrales tout en sensibilité et profondeur qui vibreront de la finesse du jeu et de la virtuosité de cet ensemble instrumental distingué par trois fois aux Victoires de la musique, l’une des formations majeures de la scène internationale. « Un moment d’intensité rare, idéal pour refermer le festival sur une note mémorable ».









