Accueil BIEN installé Les bons prix de La Truffe

Les bons prix de La Truffe

Périgourdins de Paris et Périgord développement : même combat pour valoriser la Dordogne © SBT
ÉCONOMIE. Comme chaque été, les Périgourdins de Paris se sont retrouvés en Dordogne pour remettre le Prix de La Truffe à des entrepreneurs et, avec le concours de Périgord Développement, évoquer l'attractivité du département. Une rentrée économique avant l'heure.

La Truffe, association présidée par Jean-Luc Soulé depuis 2016, mobilise son réseau, y compris à l’international, pour soutenir l’économie locale : son club des Ambassadeurs œuvre aux côtés de Périgord Développement pour organiser Osez le Périgord autrement. La prochaine édition de cette opération est prévue en octobre, à la Maison de Nouvelle-Aquitaine, avec des ateliers animés par ceux qui ont déjà franchi le pas. Ils témoigneront de l’accueil personnalisé qui leur a été réservé. Comme Julien et Céline Pouyet, lui dans le monde de la distribution, elle dans la recherche clinique, qui ont créé une activité de torréfaction au feu de bois en Périgord noir, la Maison Layac. Dans le même esprit, un club des relais périgourdins s’est formé à Bordeaux l’an passé et se retrouvera à la rentrée autour de la startup Toog.

Cheesecake made in Périgord

À travers ces actions communes, Périgord Développement a déjà concrétisé 25 projets, soit 200 emplois. Des clips circulent sur internet, via Paris je te quitte ou avec l’émission La France qui bouge. Jean-Baptiste Van Elslande, président de l’agence, n’est pas dernier à donner l’exemple : de sa capacité à croiser les réseaux des fleurons locaux naît une toute nouvelle association entre Fromarsac, l’entreprise où il évolue, et Mademoiselle Dessert, pour la fabrication de cheesecake, fruit de l’union de leur spécialité respective, fromage et pâtisserie industriels. Le réseau de distribution du groupe Savencia en Corée, au Japon et bientôt en Chine va pousser à l’export cette production plutôt originale localement. Conseiller du commerce extérieur, ce dirigeant s’intéresse aussi à l’emploi à travers la plateforme RHesonne destinée à accueillir et accompagner les conjoints de salariés mutés en Périgord, en lien avec la maison de l’emploi du Grand Périgueux qui véhicule un potentiel de 1500 emplois, à tous niveaux de compétences.

Nouveauté dans la formation continue

Le président de la CCI Dordogne, Christophe Fauvel, souligne le rôle actif de la CCI pour la formation des jeunes, qu’il s’agisse de l’École de Savignac ou des écoles professionnelles à Boulazac. Elle s’est engagée pour la montée en compétences des salariés, depuis la mutualisation avec la CCI Corrèze, il y a un an : IniSup’ propose des formations interentreprises, dans ses centres ou au pôle interconsulaire, mais aussi chez les clients. Et ce dans tous les domaines d’activités (sécurité, management, etc.), en s’appuyant sur des formateurs indépendants et les équipes de Brive. « Sans oublier les langues, avec le retour d’un Centre d’étude de langues. »

Au titre du Grand Périgueux, dont elle est vice-présidente déléguée au développement économique, Claudine Faure rappelle que la collectivité gère 25 parcs d’activité, accueillant 6000 entreprises, avec deux requalifications en cours pour Péri-Ouest et Épicentre. Et d’autres parcs sont à imaginer autour de l’échangeur 15 de l’autoroute et en zone rurale. Le quartier d’affaire en cours de réalisation près de la gare fournira bientôt 35 000 m2 de bureaux à destination du tertiaire, à proximité du futur pôle multimodal.

La fibre et l’emploi

Le président du Département annonce la création d’une mission Relocalisation pour ramener des activités qui y ont toute leur place. Et il confirme la connexion à la fibre pour tous les foyers et entreprises fin 2024. Le secrétaire général de la préfecture note que le taux de chômage n’a jamais été aussi bas en Dordogne (7,1 %) ou encore que les exportations ont augmenté de 16,5 %. Des tendances encourageantes, malgré des tensions sur la main d’œuvre qui appellent un travail sur l’image des métiers.

Les lauréats

Deux talents locaux ont été distingués : une initiative récente et une entreprise confirmée.

© SBT

Le prix du jury, que préside la productrice de cinéma Marie-Claude Arbaudie, revient au collectif d’artisans d’art du Périgord, Erige, basé à Coulounieix-Chamiers et présidé par Laurent Léoni. Une dizaine d’artisans d’art installés en Périgord — ébénistes, ferronnier, tapissier, fondeur de bronze, doreuse, tailleur de pierre, menuisier, cellier —  se sont structurés en SCIC et ont créé cette marque sur le créneau de l’ameublement de luxe. Ensemble, ils développent une stratégie de commercialisation et de promotion en mobilisant des savoir-faire d’excellence. Après sa première collection, Epure, sous la direction artistique de Pascal Waroquier, le collectif envisage de créer une nouvelle gamme, ce qui suppose un investissement de 5 à 10 000 euros pour missionner un directeur artistique et réaliser une étude de marché. La dotation de 3 000 euros vient en soutien à cette jeune société pour ce développement et pour valoriser cette initiative.

Une fleur à réinventer. Un prix spécial distingue Bernard Chrysanthèmes, leader pour la production de cette fleur en France, marché partagé par seulement trois sociétés. Créée en 1968, l’entreprise est restée familiale : François et Amélie, frère et sœur, 3e génération Bernard, pilotent depuis le site de Prigonrieux la culture de pieds-mères sur 12 000 m2 de serres mais aussi le bouturage réalisé dans 14 000 m2 de serres, une étape essentielle pour la production de plus de 12 millions de boutures par an.

© SBT

La société détient un conservatoire de 3 000 variétés et en commercialise 250. Le pôle recherche crée chaque année une douzaine de nouvelles variétés, il travaille à la diversification des couleurs et à des variétés en avance sur la saison de floraison pour rompre avec l’image française de “fleur de la Toussaint” (ce qui n’est pas du tout le cas au Japon où elle est très en vogue). Bernard Chrysanthèmes commercialise ses plans auprès de 2500 clients, dans toute l’Europe et aux États-Unis : les deux tiers du chiffre d’affaires sont réalisés à l’international. Le chiffre d’affaires total, avec royalties et plans, s’élève à 3,5 millions d’euros pour un effectif de 20 salariés permanents et 30 saisonniers.