Accueil BIEN ensemble Salon Handi Mod’Emploi, un franc succès

Salon Handi Mod’Emploi, un franc succès

©BEP
INCLUSION. Organisé le 18 novembre sous l’impulsion de la Plateforme de Formation et d’Orientation (PFO) de Clairvivre, en collaboration avec ses partenaires et près de 70 exposants, le salon Handi Mod’ Emploi a rencontré une belle affluence à la Filature de Périgueux. L’occasion de montrer que le regard porté sur le handicap change doucement mais sûrement, pour une meilleure insertion sociale et professionnelle des personnes en situation de handicap.

Cette journée a mobilisé tous les acteurs du monde du handicap. Entreprises, organismes d’orientation et de formation, associations, institutions. Les nombreux visiteurs ont pu obtenir des réponses adaptées à leur situation et assister à des ateliers. Temps fort de l’après-midi, une table ronde de partage de parcours de vie, prélude de belles perspectives d’évolution.

Des témoignages pour avancer

Lors de cette table ronde empreinte d’émotion, quatre jeunes ont témoigné de leur parcours de vie personnelle et professionnelle. Des témoignages exemplaires de résilience, où les quatre témoins ont dépassé leur appréhension pour exprimer face au public les étapes de leur cheminement ponctué d’écueils. Dimitri Pavadé, médaillé d’argent en saut en longueur aux jeux paralympiques de Tokyo en 2020 envisage désormais de dépasser son record et vise l’or pour les prochains championnats du monde. Désireux de partager ses compétences, il envisage de créer une association de remise en activité à destination des personnes en situation de handicap. Militante contre la grossophobie et pour la bienveillance, notamment à l’égard des personnes en situation de handicap, Stéphanie Henry a candidaté à l’élection de Miss Curry Aquitaine 2022. Victime de trois AVC, elle veut poursuivre son combat en sensibilisant au handicap invisible, notamment pour l’association AVC24.

Table ronde Dimitri Pavade, StéphanieHenry, Loïc Braud et Mélanie Delrieu ©BEP

En formation d’agent technique de prothésiste orthésiste en alternance à l’ERSP de Clairvivre, Loïc Braud a pratiquement atteint ses objectifs professionnels. Il peut désormais poursuivre la rénovation de sa maison et envisager de se remettre à la moto. Enfin, Mélanie Delrieu, en contrat d’apprentissage au Conseil départemental Dordogne-Périgord, envisage de développer ses compétences et de continuer à se battre jusqu’au bout.

Accompagner vers et dans l’emploi les personnes en situation de handicap (PSH) et leurs employeurs

Accompagnateur des PSH et des employeurs, la structure Cap Emploi 24 intervient pour que la personne en situation de handicap mette toutes les chances de son côté pour voir aboutir son projet professionnel. Elle guide également l’employeur pour recruter ou pour le maintien en emploi.

Rappelons que les entreprises de plus de 20 salariés ont l’obligation d’employer 6% de personne en situation de handicap en proportion de leur effectif. Faute de quoi, elles doivent s’acquitter d’une contribution évolutive en fonction du nombre total de salariés auprès de l’Agefiph. Désormais plus dissuasive, elle contribue à stimuler une meilleure insertion. De nombreuses aides et adaptations à destination des entreprises facilitent en outre l’insertion professionnelle de ces personnes. Voir chiffres.

Des aides spécifiques et adaptées

Lors d’un atelier animé par Cap emploi 24, les personnes présentes se sont familiarisées avec les différents dispositifs, afin de pouvoir les présenter à un employeur potentiel. Action de formation préalable au recrutement (AFPR), adaptation au poste de travail, immersion professionnelle. D’autres aides cumulatives avec les aides de l’état peuvent être versées par l’Agefiph. Notamment les contrats de professionnalisation ou d’apprentissage, pour lesquels n’existe aucune condition d’âge. Si le contrat est signé en CDI, elles peuvent atteindre 4 000 à 5 000,00 € pour un alternant mineur et 8 000 € pour un alternant majeur. Les structures de service public ou associatives sont éligibles aux contrats aidés, dont les montants 2023 seront connus prochainement.

Enfin un programme de formation disponible gratuitement en ligne Handi Mooc permet de « se mettre en route vers l’emploi », en retrouvant toutes les informations mises à jour régulièrement.

Le bon candidat, c’est d’abord une question de compétence

Il peut être compliqué lorsque l’on a vécu plusieurs refus plus ou moins justifiés, de faire état de son handicap ; ce que les animatrices de Cap Emploi 24 préfèrent nommer « des contre-indications ». Doit-on aborder le sujet ? Peut-on ne pas en parler ? Le regard du recruteur va-t-il changer ? autant de questions que l’on peut se poser.

Un recrutement réussi, c’est avant tout lorsque le profil du candidat matche avec l’offre publiée. Il est conseillé au postulant d’adapter sa démarche en fonction du type d’entreprise. La plupart des grandes entreprises de plus de 20 salariés ont déjà un accord ou une charte handicap avec l’Agefiph. Elles savent donc en quoi consiste la reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH). Pour les structures publiques ou associatives, le candidat peut faire état de son éligibilité aux contrats aidés. Concernant une petite entreprise, le handicap pourra être évoqué au moment de l’entretien mais ce n’est nullement obligatoire. Il peut être recommandé néanmoins dans certains cas de le mentionner, pour déclencher les aides d’aménagement au poste.

L’essentiel étant comme pour tous les candidats, de mettre en avant ses compétences, qualités, motivations et intérêts pour le poste ; de valoriser son expérience professionnelle, et de rassurer le recruteur en l’aidant à se projeter dans une collaboration future.

 

Lire également : Un salon pour l’emploi des personnes en situation de handicap

Le recrutement autrement

Développée par Pôle emploi, la méthode de recrutement par simulation (MRS) permet quel que soit le niveau de diplôme et d’expérience, de détecter des aptitudes, des habiletés, en lien avec le poste proposé par l’entreprise. Il s’agit d’un outil de présélection se substituant au CV. Il incite les employeurs à réviser leur jugement sur les demandeurs d’emploi les plus éloignés de l’emploi.

Un repérage en amont de l’ensemble des capacités nécessaires pour accomplir un travail est effectué, grâce à des analyses de poste réalisées en entreprise. Sur la base de ces analyses, sont construits des exercices permettant d’évaluer les candidats en situation. Une manière concrète pour ces derniers de démontrer leur capacité à occuper le poste.

Objective, source d’élargissement des perspectives professionnelles, « la méthode de recrutement par simulation souligne Virginie Moulenq, responsable d’équipe Pôle emploi à Périgueux, met en valeur les potentialités qui ne transparaissent pas forcément dans un CV ». Une autre façon d’envisager le recrutement, et de laisser leur chance à tous les candidats.