Depuis 2019, Sandrine et Benjamin Houtin ont mis en service une bonne idée inspirée des réalités du terrain. Les producteurs de fruits et légumes ont souvent des surproduction ou des récoltes qui ne sont pas aux normes de vente par la distribution. Ce qui représente environ 12 % de pertes, qui finissaient détruites. Pour éviter ce gaspillage, le duo s’attache à les transformer pour les valoriser. Dans l’Atelier des maraîchers, leur société créée à Bergerac, ces productions deviennent des conserves en bocaux de verre : soupes, légumes cuisinés, sauces, tartinables, purées ou confitures… Les produits sont simples et bios pour la plupart. Tomates, courgettes, prunes, noix et châtaignes font partie des plus grosses productions.
Valorisation réussie
Cette « initiative intelligente et utile », selon Marie-Claude Arbaudie, présidente du jury de la Truffe, l’association Périgourdins de Paris, méritait leur prix annuel 2026. L’Atelier des maraîchers a été distingué par cette association, présidée par Jean-Luc Soulé, qui a remis le prix lors de la soirée de la rentrée économique organisée par Périgord Développement, le 8 septembre. Les deux créateurs ont reçu un chèque de 2000 euros pour les aider à compléter leur matériel, notamment un autoclave pour les conserves et une raffineuse pour la confiture. Ils ont déjà investi plus de 200 000 euros dans leur entreprise.

« Nous sommes un outil à disposition des agriculteurs du territoire. Nous assurons une prestation de service : les producteurs arrivent avec leurs fruits ou légumes et nous nous adaptons à leurs besoins. Ils n’ont pas le temps de s’occuper de cette transformation, nous le faisons à leur place », explique Sandrine Houtin. Ancienne directrice de l’association Agrobio 47, cette professionnelle de l’agroalimentaire et de la cosmétique connaît bien tous les réseaux. Avec son mari Benjamin, un ancien de Polyrey qui a aussi multiplié les expériences dans toute la France, ils ont fédéré plus de 250 producteurs de Dordogne et du Lot-et-Garonne, mais également de Gironde, du Lot, du Tarn et jusqu’en Haute-Garonne. Plus de 60 tonnes sont déjà transformées chaque année, ce qui représente des milliers de bocaux et de bouteilles.
500 produits différents

Au fur et à mesure des années, ils ont mis au point 500 recettes que chaque producteur peut choisir en fonction de ses envie. Chacun récupère les bocaux et les revend sous sa marque. « Ce que cherchent les consommateurs en circuit court, c’est de retrouver leurs producteurs et leur produits » souligne Benjamin Houtin. À titre d’exemple le service de transformation est facturé au producteur en moyenne à 2,15 euros pour une bouteille de soupe ou un bocal de légumes au naturel, à 1,30 euros pour un bocal de sauce.
« Nous achetons aussi nous-mêmes des légumes que nous transformons et commercialisons sous notre marque, Rififi en cuisine. Ils représentent moins de 5 % de notre chiffre d’affaires. Nous les commercialisons dans les réseaux bios, les petites épiceries et aussi Quai Cyrano.»
Économies d’énergies

L’Atelier des maraîchers, qui loue ses locaux à la CAB, tient sa place dans une synergie agroalimentaire (lire plus bas) qui permet de développer les circuits courts et bios. L’entreprise a été prise en exemple par la Région en recevant le prix Récita, du réseau de l’économie circulaire et d’innovation de la Nouvelle-Aquitaine. Le développement a été aidé par plusieurs structures qui ont vu son intérêt collectif, comme l’Ademe, l’agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie. Les entrepreneurs sont très sensibles à leur consommation en employant des autoclaves électriques plutôt qu’à gaz et en contrôlant leur consommation d’eau.
L’Atelier des maraîchers n’emploie pour l’instant que ses deux créateurs mais, son chiffre d’affaires se développant, la création de deux emplois est espérée.
Dans la légumerie
Depuis l’origine, l’Atelier des maraîchers est hébergé dans les bâtiments des anciens locaux militaires désaffectés de l’Escat, l’établissement spécialisé du commissariat de l’armée de terre, racheté il y a dix ans par la Communauté d’agglomération du Bergeracois, la CAB. Plusieurs entreprises de l’agroalimentaire font appel à lui, comme les brasseries La Nové et La Coulobre, la distillerie de gin Erika Spirit, la coopérative agricole La Périgourdine, la plateforme Manger bio Périgord et surtout la légumerie portée par la CAB, qui transforme et prépare des légumes pour la restauration collective de très nombreux établissements scolaires, sociaux et sanitaires du Bergeracois.









