C’est à Audrix, près du Bugue, que le rendez-vous est donné. C’est là, surtout, que la sculptrice sur bois Marguerite André a réalisé sa première œuvre, une frise extérieure où sont représentés treize personnages, humains et animaux. « C’était une commande de mes clients », explique-t-elle. Originaire de Bordeaux, elle s’est formée à la menuiserie et à l’ébénisterie traditionnelles avant de se tourner pleinement vers la sculpture sur bois.
Deux ans en Périgord
« Pendant mon apprentissage, j’ai travaillé dans une entreprise de restauration du patrimoine, dévoile la jeune femme. C’est là que j’ai eu le déclic. » Voulant s’installer à son compte, elle a pris la route de la Dordogne et des Eyzies, pour rejoindre Copeaux Cabana, un collectif d’artisans du bois. C’était il y a deux ans. Aujourd’hui, la jeune femme commence à se faire un nom et les commandes arrivent. « Je dois réaliser une porte à Saint-Cyprien de 4 mètres de haut et 5 de large », sourit-elle. Et cela prend du temps. Par exemple, pour la réalisation de la frise d’Audrix, elle a mis un peu plus d’un an et demi, entre les premiers dessins et la réalisation.
Pour le bois, si elle avoue que l’on peut travailler toutes les essences, elle préfère sculpter le châtaignier ou le chêne. Du bois qu’elle trouve localement, auprès d’une entreprise forestière de Belvès. « Il faut que le bois n’ait pas de défaut, pose celle qui se définit comme artisane d’art. Le travail est déjà assez long, alors, si en plus, il faut enlever les nœuds du bois, cela prendrait trop de temps. » Pour ce qui est de ses réalisations, elle tient compte du contexte historique de l’endroit où elle se trouve.
Respecter le style

« C’est lié à l’histoire des arts et des styles, appuie-t-elle. On ne peut pas faire n’importe quoi dans des lieux qui accueillent du public, par exemple. » Au cœur du Périgord, cette amoureuse du patrimoine est ravie, le terrain de jeu regorge de bâtiments à restaurer ou, du moins, de possibilités de se faire plaisir. « Je ne me définis pas comme artiste dans le sens où je n’ai pas besoin de montrer quelque chose, argumente-t-elle. Je travaille en collaboration avec mes clients, ce sont eux qui décident de ce qu’ils veulent faire. Et on voit si c’est possible ou pas. »
Au-delà de la sculpture, elle propose également des services de restauration de meubles anciens. Et, bien entendu, elle assure le suivi et tout est fait à la main. Hors de question d’utiliser des machines pour ce genre de travail. « Cela existe, précise Marguerite André. Mais pour quelqu’un qui a l’œil, on le voit tout de suite. Il manque un peu d’âme. Les imperfections font le charme de ces créations. » Et c’est aussi pour cela que chacune de ses créations est unique.









