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Paroles de fraternité aux Milandes

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RÉSISTE ! La 4e édition du festival Joséphine Baker s'est déroulée en version automnale, après un report pour cause de canicule, en réunissant une vingtaine d'auteurs autour de tables rondes et d'une exposition, sous le parrainage de Michel Drucker. Sur fond d'actualité récente inquiétante, paroles de fraternité et de résistance ont porté haut le souvenir de Joséphine.

Le festival littéraire et mémoriel organisé par la Licra aux Milandes s’ancre à la fois dans l’histoire de la résistance locale et dans les valeurs républicaines de notre pays à travers l’héritage universel de Joséphine Baker, célèbre pour avoir incarné la fraternité à travers l’adoption d’enfants de toutes origines.

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Plusieurs invités (Sofia Aram, Nathalie Saint-Cricq, Patrice Duhamel) n’ont pu se rendre à l’édition 2026, repoussée de juin à octobre en raison de la canicule estivale, mais Michel Drucker était bien au rendez-vous en sa qualité de parrain et d’auteur, « heureux d’avoir été choisi pour ce 4e festival : qui n’a pas entendu parler des Milandes et de Joséphine Baker ? Je reconnais ses enfants, j’en ai reçu certains sur mes plateaux ». L’animateur et journaliste, ami de Claude Pierre-Bloch (lequel a eu une vie d’agent artistique, de Sardou et Johnny notamment), voit dans le Périgord une terre de Résistance — il a beaucoup apprécié l’exposition sur les Femmes de la Résistance. « Je viens d’une famille qui a connu ces heures douloureuses, je viens des brumes de l’Europe centrale, et la Licra représente quelque chose d’important tout comme la famille Pierre-Bloch. Et en cette période compliquée de notre pays, c’est le moment d’être ensemble. »

Lutte contre les discriminations

Retenons lors de la cérémonie d’inauguration, en ces temps troublés et avant l’élection présidentielle en France, ces mots de Claude Pierre-Bloch, vice-président national de la Licra et fondateur du festival : « Espérons que nous aurons le droit de nous retrouver ici l’an prochain », insiste celui qui met en miroir l’interdiction faite à Joséphine Baker de chanter aux États-Unis parce qu’elle était noire et la campagne actuellement menée contre Barbara Butch en France, parce qu’elle est juive. « Mon combat de toujours et de maintenant, à 87 ans, est de lutter contre les extrêmes. »

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Angélique de Labarre, évoque la présence de Joséphine « à chaque instant » aux Milandes, et dit avoir perçu sa volonté d’accueillir ici ce festival, en même temps que Claude Pierre-Bloch le lui demandait. Pour Germinal Peiro, président d’un département dont le nom est lié à jamais à celui de Joséphine, celle-ci « a compté pour beaucoup chez nous, puisqu’au-delà de l’artiste connue mondialement, elle s’est installée aux Milandes, dans ce village-là et dans ce château, pour une expérience unique au monde, celle de vouloir montrer à l’humanité que l’on pouvait vivre ensemble, quelles que soient ses origines. Elle en a parlé, comme font beaucoup, mais elle l’a fait en créant un village du monde et en adoptant 12 enfants, dont certains sont ici : Brian, Jean-Claude, Marianne… (…) Au-delà de l’artiste, de la résistante, c’est cette trace-là qui restera ».

Un combat très actuel

En hommage à Joséphine, qui était lieutenant de l’armée de l’air et à Michel Drucker, qui a fait son service militaire dans cette force, les cadets de Mérignac ont fait une haie d’honneur © SBT

Élise Fajgeles, secrétaire générale de la délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcra, service du gouvernement placé sous l’autorité du Premier ministre), pilote les politiques publiques sur ces questions. « Les Amis de Joséphine Baker, association créée pour lancer le festival, est un partenaire de la Dilcra. Nous sommes heureux de soutenir financièrement cet événement. »

Après une minute de silence pour les victimes de l’attaque terroriste survenue la veille à Trappes, elle a rappelé que « les haines basées sur l’origine, sur la religion ou la non-religion, sur la couleur de peau, sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre s’expriment au quotidien, jusque dans les cours d’école. Les jeunes, de plus en plus jeunes, sont décomplexés dans l’expression de ces haines » qui peuvent briser des vies, discriminer des artistes comme Barbara Butch. Elle évoque un combat qui « n’est pas suranné, il est très actuel : c’est le combat de la République. À nous de continuer à valoriser cet universalisme républicain, ce qui nous rassemble plutôt que ce qui nous divise« .

Un passé toujours présent

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Pour conclure, le sous-préfet de Sarlat s’est présenté « en tant que représentant de l’État, mais également en tant qu’historien de formation et comme petit-fils d’Alsaciens qui, en 1940, sont venus d’Alsace jusqu’en Dordogne. Et donc, lorsque j’étais enfant, ma grand-mère m’a parlé de ce département (…) Dans ce qu’elle m’a raconté, au-delà finalement de l’histoire familiale, il y a les notions d’accueil, d’écoute aussi, de solidarité, de fraternité. Alors de là est née, peut-être, ma vocation d’historien, mais cela m’a aussi poussé à m’engager pour mon pays. Plus que jamais, ce que j’entendais comme petit enfant est d’actualité dans notre pays aujourd’hui, et c’est pourquoi ce festival a plus que jamais sa place : il est très important qu’il se tienne dans le contexte actuel, ici même au château des Milandes ».

Suivront deux autres articles :

• L’exposition Les femmes dans la Résistance, les oubliées de l’Histoire

•  Table ronde Faire République : quel avenir pour nos principes ?

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Hommages

Un hommage a été rendu à Laurent Kupferman, disparu au lendemain de la précédente édition. L’essayiste, membre du comité d’organisation du festival, avait lancé la pétition “Osez Joséphine” en faveur de l’entrée au Panthéon de l’artiste franco-américaine. Ses amis ont remis à Angélique de Labarre un portrait de Joséphine qu’un artiste avait offert à Laurent : il trouvera sa place dans le château.

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Par la voix de Marianne, la mémoire de son frère Akio, disparu l’an dernier lui aussi, a été honorée comme un pilier de la fratrie et « un tonton adoré de mes filles ».