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Malrigou, un jardin très en vue

Allée vers le potager © P. Chambost
JARDIN DES ARTS. L'Hospice de Malrigou, à Saint-Jean d'Estissac, ouvre ses portes pour la 22e année dans le cadre de la 23e édition de Rendez-vous aux Jardins... c'est dire la fidélité à cet événement printanier, qui a cette année pris pour thème “La vue“. Un sens à exercer sur place avec un programme artistique exceptionnel.
Près de la fontaine du parc, des sculptures en grès d’Éric Astoul © P. Chambost

« Dans le cadre de “L’Art est dans ma Nature”, la céramique côtoie la peinture et la sculpture-céramique », décrit Philippe Chambost, qui fait vivre l’œuvre de son père, le célèbre céramiste Pol Chambost qui avait acquis le site en 1965. Des installations artistiques dialoguent avec le paysage, s’inscrivent dans ce jardin avec parc à la française, potager, espace des vivaces, verger de pommiers anciens, forêt de feuillus… Une découverte riche de sens, au-delà de la vue, vedette de cette édition.

« Des œuvres du XXe siècle et des créations contemporaines bénéficient ainsi d’une lumière qui fluctue en fonction des heures de la journée et des aléas climatiques. La sculpture, et la céramique en particulier, offre aux amateurs cet aspect tactile de l’art par la diversité des traitements de surface, par des émaux, des engobes ou des pigments (couleurs mates, brillantes, ternes ou vives)… le traitement par le feu apportant la touche finale qui parachève les textures (coulures, brillances, rugosités, craquelures) qui invitent au toucher. » Entre ombre et lumière, d’allées en galeries, les recoins de ce cadre intimiste ouvrent au repos et à la méditation.

Proximités artistiques

Porcelaines de Didier Gardillou © P. Chambost

Tables anciennes et modernes sont dressées de faïences, grès ou porcelaines remarquables, mêlant les arts de la table du XVIIIe au XXIe siècle. Seront ainsi en situation dans les allées : le service Nella (manufacture Vieillard de Bordeaux, fin XIXe), l’artiste contemporain Didier Gardillou (service en porcelaine tendre créé vers 2010, dans l’esprit du XVIIIe siècle de la Porcelaine de Paris), Colette Gueden et Pol Chambost (esprit parisien des années 50), Robert Picault et Charles Voltz (années 50, esprit de Vallauris), Verceram (ensemble de faïence “vintage” des années 50).

Des artistes peintres, sculpteurs, céramistes, se joignent à l’exposition, notamment Catherine Aerts Wattier, qui « nous écrit de ses terres anciennes », pour faire « émerger la part invisible du réel », avec un travail sur papier très fin, « saturé d’encre, de brou de noix, de craie, de pastel, d’écriture ».

• 13 route de Villamblard, dans le bourg de Saint-Jean d’Estissac, du vendredi 5 au dimanche 7 juin

Céramistes parisiens des années 50/60

Verceram © P. Chambost

Une exposition retrace l’importance de Paris pour le renouveau de la céramique de la fin des années 40 aux années 60, bien moins connue que Vallauris, sous l’impulsion de Picasso. Des talents y ont pourtant éclos. « Les sculpteurs d’alors osèrent s’aventurer hors des carcans pour explorer formes, matières et couleurs inédites : les tubes, cônes, diabolo ou bouteilles… brillants, mats ou granuleux, vont faire échos aux courbes gracieuses ou aux volumes biomorphiques de certains vases, pichets, coupes ou vide-poche. »

Cette exposition d’exception, présentée dans l’ancien atelier de Pol Chambost, inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques, est le fruit d’une collaboration étroite entre plusieurs collectionneurs réunis au sein du collectif des Amis de Pol Chambost.