Accueil BIEN ensemble Le Secours populaire fait face à un afflux de bénéficiaires

Le Secours populaire fait face à un afflux de bénéficiaires

Lise Toussaint, la directrice, entourée de Michel Dupont, le trésorier et de Johan Guillot, étudiant en BTS chargé du mécénat © C-H.Y
SOLIDARITÉ. Avec ses 550 bénévoles et ses quatre salariés, le Secours populaire de Dordogne doit relever plusieurs défis : faire face à une progression du nombre de bénéficiaires et poursuivre ses travaux sur son site du chemin de Halage, à Périgueux.

Cela fait deux ans et demi que Lise Toussaint est arrivée au sein de la Fédération départementale du Secours populaire. Sa première mission fut de contribuer à la reconstruction de l’association, remobiliser des bénévoles après une période compliquée, tout en maintenant l’ensemble des activités pour venir en aide aux personnes en difficulté.

Celle qui est devenue directrice a toujours été impliquée dans différentes associations (égalité homme/ femme, environnement, de solidarité). « Mes premiers engagements remontent à l’âge de 17 ans et quand j’étais petite, on allait avec mon père chercher des jouets pour les pères Noël verts, une initiative du Secours populaire. » Lise Toussaint a toujours exercé des métiers en lien avec l’humain. « Aller chercher les gens, les mettre en mouvement afin qu’ils retrouvent du sens, de la dignité, c’est quelque chose que j’avais en moi. »

On bascule plus rapidement vers la pauvreté

Lise Toussaint © C-H.Y

Aidée par son équipe et 550 bénévoles, Lise Toussaint, à 40 ans, doit faire face à plusieurs défis. Le premier, c’est une forte progression des bénéficiaires : « La situation est dramatique. On va vers des lendemains qui déchantent. En réalité, on y est déjà. » Les derniers chiffres n’appellent pas l’optimisme. En 2024, l’association départementale a aidé 6 916 personnes, soit une augmentation de 15,3 %, par rapport à 2023. En 2025, les bénéficiaires étaient au nombre de 8 053, soit une hausse de 16,3 %. Au 15 avril, le Secours populaire de la Dordogne a aidé un public équivalent aux douze mois de 2025. « Derrière ces chiffres, nous observons avec une grande inquiétude à quel point les personnes seules — en forte progression —, comme les familles basculent beaucoup plus rapidement dans la pauvreté et souvent en seulement trois mois », analyse Lise Toussaint.

Nouveaux profils de bénéficiaires

Le Secours populaire fait face à un nouvel afflux de bénéficiaires : cette réalité touche de plus en plus des personnes qui travaillent, des retraités, des étudiants et les familles monoparentales dont les ressources ne permettent pas de réaliser les dépenses essentielles. En Dordogne, le budget carburant pèse de plus en plus. C’est un mauvais signal de la situation économique locale et nationale.

« Les gens viennent nous voir d’abord pour l’aide alimentaire. C’est plus de 90 % de l’objet de la visite, » indique Michel Dupont, trésorier. Elle est distribuée sous forme de colis dont une partie des denrées vient de l’Union Européenne, complétée par des fruits et légumes produits localement. Le Secours populaire observe que les tissus familiaux se fragilisent, du fait de l’éloignement géographique ou de par la situation économique. « Les familles ne sont plus en capacité d’aider leur proche et lorsqu’un incident survient — souci de santé, divorce, perte d’emploi —, les difficultés s’enchaînent », observe Lise Toussaint. Le Secours populaire alerte sur la pauvreté infantile, avec 2 036 moins de 15 ans concernés par ses aides.

En Dordogne, le Secours populaire compte douze sites ; un treizième va prochainement ouvrir à Sarlat. L’association ne manque pas d’ambition et de volonté. Pour mener à bien ses projets et ses activités, elle table aussi sur les dons et le mécénat.

Encore des projets

Le gros chantier des locaux situés chemin de Halage, à Périgueux, est prévu dans un avenir proche. « Le hangar ne répondait plus aux normes d’électricité, d’isolation : impossible d’accueillir le public. Nous sommes en train de tout trier afin de le vider complétement pour engager les travaux », précise la directrice. Au-delà de la mise aux normes, ce chantier doit permettre à terme de regrouper toutes les activités de l’association, actuellement dispersées en plusieurs lieux.

© C-H.Y

Les bâtiments jouxtant le hangar ont été refaits (manquent actuellement la peinture et les finitions), avec la création d’un espace de vie pour le bénévoles, un vestiaire, un lieu de distribution alimentaire. Ils devraient être opérationnels d’ici cet été. « Un des objectifs est de pouvoir proposer des distributions de colis alimentaires sur rendez-vous, de faire en sorte que les personnes accueillies n’attendent plus dans la rue. Cette aide alimentaire est une porte d’entrée vers un accompagnement global », précise Lise Toussaint.

Pour permettre les travaux dans de bonnes conditions, l’association a installé provisoirement son siège administratif à Boulazac, route de Lyon, près de Métro. À terme, l’association souhaite se séparer de ses locaux de la rue Saint-Gervais, dans le quartier de la gare. Le produit de cette vente doit servir au financement du chantier du site du chemin de Halage.