”Ma République, c’est Joséphine”, tel est le thème du quatrième festival Joséphine Baker qui se déroulera dans le parc du château des Milandes, à Castelnaud-la-Chapelle. Comme l’explique son fondateur Claude Pierre-Bloch, il s’agit de « convoquer les idéaux pour lesquels elle s’est battue toute sa vie », pour s’opposer au racisme et à l’antisémitisme, et pour défendre la liberté des femmes. Elle fut, après-guerre, une militante de la Lica, la Ligue internationale contre l’antisémitisme, devenue en 1979 avec Robert Badinter, la Licra, la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme.
L’artiste de music-hall américaine, devenue française en 1937, a eu de nombreux engagements, de la résistance durant la Seconde guerre mondiale, à la défense des droits civiques aux États-Unis et toujours pour une fraternité universelle qu’elle a incarnée en adoptant douze enfants orphelins venus du monde entier.
La quatrième édition du festival consacré à ses valeurs réunira plus que jamais des écrivains aux livres engagés qui participeront à des débats où il sera question des principes républicains (samedi à 15 heures) et de l’esprit de résistance (dimanche à 15 heures). « En ces temps de combats pour que vivent nos idéaux républicains, laïques et universalistes, les combats et l’exemple de Joséphine Baker sont plus que jamais d’actualité », souligne Mario Stasi, le président national de la Licra. Germinal Peiro, le président du Département, soutient cette manifestation « alors que la haine envers les étrangers se développe et qu’on veut nous imposer un monde qui n’est pas le nôtre ».
Boualem Sansal et Michel Drucker
Soutenu par la Licra et de nombreuses organisations, alors qu’il était détenu politique en Algérie, l’écrivain algérien naturalisé français Boualem Sansal avait accepté dès son retour en France l’invitation du festival. Il s’est vite retrouvé dans des polémiques avec son changement d’éditeur (de Gallimard à Grasset) et en fréquentant des médias et des salons plutôt marqués très à droite. Claude Pierre-Bloch assure qu’il est toujours le bienvenu au festival, sauf s’il s’engageait auprès du Rassemblement national. « Nous sommes opposés aux extrêmes qu’ils soient de gauche ou de droite », précise le créateur du festival pour couper court aux oppositions de principe.

Boualem Sansal viendra dédicacer son nouveau livre, ”La légende”, et participer à un débat aux côtés du philosophe Raphaël Enthoven, de Marika Bret une ex de Charlie Hebdo, de Nora Bussigny journaliste d’investigation au Point et de la chroniqueuse de France Inter Sophia Aram.
Parmi les autres invités du festival, les journalistes Michel Drucker ainsi que Nathalie Saint-Cricq et Patrice Duhamel devraient attirer les foules. Plusieurs des enfants de Joséphine Baker seront là, dont Marianne qui sort son premier livre de souvenirs de famille, ”Je suis la fille de Joséphine Baker”.
Résistance et musique
De nombreux auteurs régionaux seront là, comme Catherine Monroy sur les femmes de l’ombre dans la résistance. Bernard Reviriego et Patrick Ranoux avec leur Atlas de la Dordogne pendant la Seconde guerre mondiale. La résistance sera le thème d’une exposition inédite sur les femmes dans la résistance : réalisée par Jean-Paul Bedoin, elle sera présentée aux Milandes avant de tourner à travers la Dordogne.
En prologue gratuit, vendredi 26 juin à Sarlat (19 heures, jardin des Enfeus derrière la cathédrale), le musicien Hélios Azoulay donnera un concert spectacle ”La grande traversée” avec des musiques Klezmer, manouche et flamenco, « un voyage unique, bouleversant et exaltant au cœur des âmes transpercées par l’abjection de tant de haines éternellement reconduites », écrit l’auteur.
• Le festival se déroulera samedi 27 et dimanche 28 juin, de 10 à 18 heures, dans le parc du château des Milandes, accueilli par la propriétaire Angélique de Labarre (entrée gratuite pour le festival, l’accès au château reste payant).









