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La Fabrique, pour vous (re)servir

© SBT
UPCYCLING PARTAGÉ. Une cinquantaine de créateurs et producteurs participent à l’ouverture de La Fabrique de Ribérac, imaginée par Cécile Lerici : une aventure entrepreneuriale, dans l’esprit d'un tiers-lieu et fidèle aux valeurs écoresponsables qu'elle pratiquait déjà dans son atelier de la Double.

Cécile Lerici, qui a été infirmière en Gironde avant de choisir de s’exprimer dans la rénovation de meubles et seconde main, s’est autorisée à voir plus grand à la faveur d’un local libéré par une activité de matériel médical, déplacée ailleurs dans Ribérac : 400 m2 d’espace de vente et 200 m2 d’atelier, bien situés à l’entrée de la ville en arrivant de Périgueux, avec parking. L’artisane réalise le projet auquel elle pensait depuis deux ans, « un délai qui m’a permis d’évoluer, de revoir mes objectifs et de trouver le local adapté ».

Inspirée par des visites dans des ateliers de créateurs, elle a voulu en réunir sur un même site, dans une dynamique commune. C’est chose faite avec La Fabrique de Ribérac, qui sera inaugurée samedi 31 octobre — en présence des créateurs et producteurs qui s’engagent aux côtés de Cécile Lerici — pour une ouverture au public le 3 novembre. « J’avais envie de proposer une vitrine à des talents de la région, un format qui n’existe pas à Ribérac. On se rapproche d’un tiers-lieu, nous en avons l’esprit même si on ne fonctionne pas sur un modèle associatif. » Une cinquantaine de professionnels pourront exposer leurs produits sans avoir à tenir de permanence, et garder ainsi leur temps pour leur cœur de métier. « Avec mon associée et épouse, Caroline Cledat, nous assurerons cette relation commerciale pour eux.»

Coin café et coworking

Ce lieu permanent va programmer des animations ponctuelles, sur inscription. Une pièce est réservée à des ateliers proposés par les artisans qui y partageront leur savoir-faire : les intéressés s’y initieront et repartiront avec leur création. Le torréfacteur adhérent de la boutique fournit le coin café aménagé dans ce lieu convivial, qui réserve un espace de coworking aux télétravailleurs et entrepreneurs qui veulent rompre l’isolement. Un bureau privatif, loué à la demi-journée ou davantage, permettra à ceux qui ne disposent pas de point d’accueil chez eux de recevoir des clients ou fournisseurs. « À terme, un dépôt-vente de meubles pour les particuliers sera aménagé. »

Des tables rénovées en guise de présentoir © SBT

Les travaux se sont concentrés sur le mois d’octobre, « j’ai chiné des tables rondes anciennes que j’ai rénovées pour qu’elles servent de supports d’exposition, on a peint les pieds en noir pour une unité visuelle d’ensemble ». Des caisses en bois, récupérées lors des récentes foires aux vins, permettent de créer des différences de niveaux sur les tables pour des jeux de présentation. Ce gros travail d’upcycling va laisser place à une moindre activité de Cécile Lerici dans l’atelier qu’elle avait ouvert en Gironde puis transféré sur ses terres d’origine en octobre 2024, dans la maison familiale qu’elle a rachetée à Saint-Vincent-de-Connezac. « Je vais passer davantage de temps sur le volet entrepreneurial et relationnel, ce qui me plaît beaucoup. Une artisane qui fait elle aussi de la rénovation viendra exposer ses meubles. »

Décoration et dégustation

Pour le reste, la diversité est au rendez-vous : cuir, couture, bougie, tournage de bois, bois flotté, sculpture bronze, vitrail… et toutes sortes de productions locales, du miel au kombucha. « On veut éviter les doublons et la concurrence directe. » Les porteuses du projet proposent les modules d’exposition à la location, une formule hybride avec commission sur les ventes.

Des caisses de vin réutilisées pour la décoration © SBT

La sélection d’artistes et artisans fait la part belle aux Périgourdins, une douzaine viennent de Gironde, et aussi de la Creuse, des Charentes. «J’ai fait une étude de marché, en lien avec BPI, pour valider notre projet d’exposition permanente dans ce lieu d’échange et de partage. L’objectif de chiffre d’affaires est de 185 000 euros la première année. Un cap à passer, comparé à mon atelier personnel. » C’est le mélange d’approches complémentaires sur un même lieu, avec répartition des risques, qui va donner l’équilibre du développement : certains pôles seront peut-être plus florissants que d’autres, «on s’adaptera, et des gens viendront peut-être vers nous avec des propositions auxquelles on ne pense pas».