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Circularité : cinq parcours en devenir

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OPTIMISER AVEC OPTIMISME. Cinq structures de taille, statut et activité très différents ont embarqué dans le parcours Re-Action proposé par le Grand Périgueux pour réinventer leur modèle économique à partir de ressources existantes. Une (re)valorisation générale.

« La soirée était un succès, on est vraiment très contents. » Pauline Massart se réjouit du final d’un parcours missionné par le Grand Périgueux et animé par Écoduo, qu’elle a fondé avec Isabelle Degoy en prémices d’un collectif « pour réconcilier écologie et économie ».

Pauline Massart et Isabelle Degoy © Écoduo

La soirée de clôture de Re-Action, mardi 5 mai, est l’aboutissement de l’appel à projets Acte (accompagnement au Changement pour les transitions environnementales) lancé par la Région-Néo Terra : Écoduo était missionné par l’agglomération pour mobiliser des entreprises sur les enjeux de la circularité et la manière de réinventer leur modèle économique avec les ressources existantes.

Gratuit pour les participants

Ce parcours de quatre jours, réparti sur trois mois (de fin janvier à fin mars) et pris en charge à 100 %, a permis de faire travailler les entreprises volontaires sur des solutions innovantes, qui vont au-delà des questions de coûts qui se posent de prime abord.

Elles étaient cinq à s’engager dans ce parcours. Demas création, cuisiniste à Coulounieix-Chamiers ; Fro’marsac à Marsac ; Artisans à domicile à Coulounieix-Chamiers ; Ayor à Marsac ; et La maison 24 Songtsen à Périgueux… des formats, secteurs et statuts très différents (groupes industriels de production et distribution, association humanitaire, coopérative artisanale) qui ont permis d’enrichir la réflexion collective, par le partage d’expériences et les horizons superposés.

Optimisations et réserves de valeurs

Tout a commencé par la compréhension et l’analyse de chaque situation, pour évaluer les coûts cachés liés aux déchets et aux inefficacités de production, et pour détecter les économies possibles. Ceci en partant des bilans comptables et cycle de vie, au regard de chiffres et de mesures.

© Grand Périgueux

Deux jours consécutifs ont ouvert à l’imagination et la transformation, pour de nouveaux modèles économiques fondés sur le principe de circularité : récupération de produits après consommation pour les remettre en circulation (réparés, transformés, recyclés) et les faire durer le plus longtemps possible. « Cela a donné lieu à de nombreux échanges constructifs entre participants. » Une intelligence collective accompagnée par la méthodologie d’Écoduo, pour des réflexions croisées des uns sur les projets des autres.

Identifier et réaliser les projets

Le dernier jour, les solutions concrètes qui ont émergé en collaboration ont été reliées pour une projection à l’échelle du territoire, pour trouver et fédérer les partenaires, pour une feuille stratégique.

Tout cela a abouti à la soirée de restitution lors de laquelle chacun a pitché son projet (lire plus bas). L’auditorium de l’Espace Aliénor accueillait des partenaires potentiels issus des réseaux des cinq entreprises engagées dans le parcours, 70 personnes attentives aux solutions émises, pour les aider à aboutir (sourcing, financement, opportunités d’affaires). Chaque pitch faisait concrètement un appel à coopération : le public, à l’issue de la restitution, pouvait déposer une proposition de mise en relation, contact ou autre piste possible. Et pendant le cocktail, les invités ont pu aller à leur rencontre pour échanger.

Et aussi / Appel à coconstruction pour le Plan climat

Obligatoire dans toutes les Comcoms de France, le Plan climat arrive en phase de révision pour le Grand Périgueux en 2026.

L’équipe Mission Transition Écologique de l’agglo : Louise Ptak (économie circulaire), Rose-Marie Grenouillet (directrice) et Émilie Pasquet (Plan climat) © Grand Périgueux

Quatre ateliers “Plan B” ont déjà eu lieu sur plusieurs mois (avec Péri-Ouest, L&A et ses clients, Egee, Ecti, Initiative Périgord, Artisans à domicile, mobilisant 33 dirigeants), portant sur les risques et les impacts économique potentiels en cas d’événements climatiques.

L’heure est maintenant au Plan C, le plan commun, ouvert à tous les dirigeants de l’agglomération. Il y a sept ans, la voix des entreprises n’avait pas été intégrée au Plan climat. Cette fois, la collectivité propose aux entreprises sensibles aux questions environnementales de coconstruire avec lui son prochain plan climat lors d’une journée d’échanges prévue le 9 juin (9h-17h) à l’espace Aliénor (inscriptions : e.pasquet@grandperigueux.fr). Écoduo porte également l’animation de ce séminaire, autour de trois ateliers thématiques : émissions de gaz à effet de serre / dépendance aux produits pétroliers ; pollution et consommation de l’eau ; impact sur la biodiversité.

La réflexion collective ouvrira des solutions pour réduire l’impact sur l’environnement, à partir aussi d’exemples et d’initiatives d’autres territoires. Un temps de restitution aux élus du Grand Périgueux et aux partenaires institutionnels refermera la journée. Ce travail permettra au Grand Périgueux de déterminer les besoins sur les enjeux climatiques afin d’accompagner les transitions dans le cadre du prochain Plan climat (2027-2033) du Grand Périgueux.

Ils ont pitché leur projet

© Grand Périgueux

• Guillaume Pécout (Demas Création, membre du CJD), au regard d’1,6 M de tonnes de bois encore enfouies en France chaque année, propose d’en faire la matière première de cuisines. Un grand gâchis. Il imagine ses futures conceptions avec du bois massif de réemploi, matière noble durable plutôt que de l’aggloméré. Il prévoit de réaliser aussi des petits meubles. Il recherche des partenaires pour le sourcing du bois massif prêt à la transformation.

• Fro’Marsac, en plus du souci de gaspillage sur les tests qualité opérés sur des lignes de produit, ensuite détruits, s’est concentré sur le réemploi possible de cartons utilisés lors des transports : 134 tonnes sont actuellement jetés chaque année, soit 42 000 euros et 151 tonnes de CO2. L’entreprise a recherché auprès de Suez, son prestataire, ce que devenaient ces cartons. Et s’est rapprochée de ses voisins Auchan et Ayor pour connaître leurs usages. Ensemble, ils pèsent 634 tonnes de carton. L’idée est d’agir ensemble pour transformer localement cette matière.

• La coopérative Artisans à domicile, représentée par deux entreprises d’entretien du paysage (Service Écobio et Grégoire Berthelot), s’est penchée sur les déchets verts inertes : 170 tonnes par entreprise et par an, à rapprocher des 530 paysagistes installés en Dordogne. Ceux qui n’ont pas de solution en interne se dirigent vers les déchèteries, dont l’accès n’est pas toujours adapté à leur besoin. Et cela leur coûte alors que cette matière est valorisable localement. Ils aimeraient proposer une végéterie, un lieu dédié où professionnels et particuliers pourraient déposer ce qui serait transformé en compost végétal, buchettes pour chauffage, planches de bois et matériaux d’occasion pour des aménagements extérieurs. C’est une importante organisation à peaufiner, avec des sites de proximité gérés par et pour des professionnels du végétal.

• Ayor a travaillé sur la standardisation des emballages fournisseur, notamment les cartons : ils paient leur achat et pour les évacuer, un non sens. L’idée est d’utiliser ceux qu’ils reçoivent pour leurs expéditions, ce projet est en cours. L’entreprise s’interroge aussi sur la durée de vie de ses produits : comment prolonger et remettre en circulation, avec la réparation et la récupération de stocks. Ceci pour réduire les coûts de non-qualité et SAV, estimés à plus de 200 000 euros. Parmi les leviers : l’écoconception, la réparabilité, le réduction des emballages et la seconde vie. Leurs installateurs artisans sont aussi au cœur de ce projet, pour faire remonter les besoins, un projet ambitieux à aborder sur la durée, avec une aide à la R&D et des réseaux d’experts.

© La Maison 24

• La maison 24 (aide alimentaire, friperie, jardin solidaire, ateliers socioculturels, café associatif) a déjà suivi des parcours DLA et incubation (ESS) pour perfectionner son organisation. L’association souhaite lutter contre le gaspillage, notamment l’abandon à terre de fruits et légumes alors que des familles n’ont pas les moyens d’en manger. La solution est de permettre aux bénévoles de les collecter pour les diriger vers une structure de chambre froide, soit un investissement de 25 000 euros (transport, matériel…), le statut de La maison 24 permettant aux donateurs des déductions d’impôts.