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Une ronde grande ouverte

Sophie Lamm, Entrée dans la ronde ©Frac
INSTALLATION. Une ronde artistique au féminin s'ouvre aux visiteurs qui veulent bien entrer dans l'exposition proposée au château de Monbazillac par le Frac Nouvelle-Aquitaine Méca et Les Rives de l'art. Le télescopage entre site patrimonial et art contemporain réserve toujours de belles surprises.

“Entrée dans la ronde”, c’est le titre d’une œuvre de Sophie Lamm, point d’orgue de la visite, dans la tourelle du château… façon de boucler la boucle de ce parcours tout entier placé sous le signe du jeu et d’une folle danse artistique au féminin dans laquelle on a plaisir à entrer. On la traverse en quatre temps (et un intermède avec les “bestioles” de Sylvie Auvray). Fabularium présente des artistes unies par la force de l’imaginaire. Chez certaines, l’atmosphère semble mélancolique (l’enfant-ange de la photographe Gundula Schulze Eldowy), impressionnante (la structure métallique noire, assemblage d’éléments chinés par Stéphanie Cherpin), curieuse (le masque textile désemparé de Caroline Achaintre)…

Stéphanie Cherpin, Let’s Me Knife © Frac

Tout un monde

La mécanique du mécano ouvre sur un monde qui bouscule la rationalité, voire la raison : Farah Atassi y déconstruit la géométrie (Tabou II), Estelle Deschamp détourne des strates géologiques (Flag #3), Sophie Lamm bascule le mouvement et la perspective (Chute d’yeux). La Ronde à l’intérieur est un tableau-monde. L’œuvre déborde de petits éléments, bottines de contes de fée et maillons propices à une turbulente chorégraphie imaginaire : son aspect ludique se double de références à une aliénation qu’il appartient à chacun(e) de chercher. Enfin, L’amour est plus froid que la mort n° 4, de Laëtitia Badaut Haussmann brouille les pistes narratives dans un contraste esthétique de matières, de forme, de rythme (de vie)… On s’échappe de cette ronde plus joyeux qu’on y est entré, la tête tourne un peu : pari gagné.

Au total 11 artistes (Caroline Achaintre – Farah Atassi – Sylvie Auvray – Laëtitia Badaut Haussmann – Pia Camil – Stéphanie Cherpin – Estelle Deschamp – Suzanne Lafont –
Sophie Lamm – Constance Nouvel – Gundula Schulze Eldowy) entrent dans cette ronde à travers des œuvres appartenant à la collection du Frac Nouvelle-Aquitaine Méca — que préside le Périgourdin Bernard de Montferrand.

• Jusqu’au 11 novembre, Château de Monbazillac : septembre, tous les jours de 10 à 19h, octobre et novembre de 10 à 18h.

Vivantes !

Cette exposition s’inscrit dans le cadre du programme régional Vivantes ! Depuis 2020, une série d’expositions dédiées à une exploration d’enjeux liés à l’exposition et la (re)lecture des œuvres d’artistes femmes, contemporaines ou pas, et à la question de la représentation des femmes dans l’art, est programmée à l’échelle régionale : il n’est nullement question de faire des femmes “un sujet à part” ou d’essentialiser leur relation à la production artistique, mais d’observer et d’apprécier leur rôle dans l’histoire de l’art.

©ChâteaudeMonbazillac

Nouveau résident

Par ailleurs, ce dimanche 25 septembre à 16h (entrée libre), une rencontre est proposée avec Boris Chouvellon, nouvel artiste en résidence de création au château de Monbazillac, invité par l’Agence culturelle Dordogne-Périgord, l’association Les Rives de l’Art et la cave de Monbazillac. Jusqu’en mai, le plasticien réalisera des expérimentations artistiques in situ avant une présentation en mai 2023 dans le château, le parc et ses vignes. Son activité pluridisciplinaire s’exprime par la sculpture, la vidéo, la photographie, l’installation. Il pratique le détournement d’objets, d’outils et de matériaux des professionnels. Il dit se saisir de la ruine moderne, penser des archéologies du futur poétiques, surréalistes souvent humoristique.