Accueil BIEN inséré Un site pour emballer, imprimer et restaurer

Un site pour emballer, imprimer et restaurer

L'équipe du jour chargée du service pour le déjeuner © H.L.
TOUT EN UN. Les ateliers de sous-traitance industrielle de l’Esat d’Antonne et de celui de Trélissac ont été regroupés dans un nouvel ensemble de bâtiments. Ces locaux sont situés à Trélissac dans la zone d’activité de Borie Porte, derrière la rue des concessionnaires automobiles. Un pôle multiple : entre emballage, impression et restauration.

Depuis des années, les activités étaient distribuées entre les locaux de Trélissac, rue de la Rivière Chancel pour les atelier d’impression et de reconditionnement, et le site dAntonne-et-Trigonant pour l’atelier de transcription, et même à Sainte-Eulalie-d’Ans pour celui de portage de repas. Les nouveaux locaux disposent, en plus, d’une cuisine adaptée au service “traiteur à domicile”, activité en pleine expansion.

Transfert depuis des locaux exigus vers un site évolutif

Nouveaux locaux des ateliers de sous-traitance Industrielle de l’Esat Osea © H.L.

C’est désormais plus facile pour les équipes de travailleurs et leurs encadrants d’être réunis sur un seul et même site. Le projet a abouti à la construction de deux bâtiments pour plus de 800 m² couverts. « Ces locaux fonctionnels comprennent un réfectoire pour la centaine de travailleurs du site ainsi qu’un restaurant d’application d’une cinquantaine de places ouvert au public pour le service du déjeuner », décrit Delphine Brouillaud, directrice du pôle.

Les différentes activités sont désormais installées dans des locaux clairs disposés de part et d’autre de grands couloirs qui permettent la circulation des palettes et des outils. Lumineux et cloisonné, chaque service bénéficie d’un local adapté à son activité avec un espace prévu pour le bureau du moniteur d’atelier. « La production est au service du projet social, souligne Mélanie Le Pemp, responsable de pôle sous-traitance Osea. On doit pouvoir travailler avec les acteurs économiques pour réaliser diverses activités. Nos ateliers sont plus pratiques, nos clients sont fidèles et nous allons pouvoir en développer de nouveaux. »

Plusieurs ateliers de sous-traitance industrielle

Une sélection des ouvrages réalisés par la maison d’édition 0ser, lire dont l’album honoré par le prix Handi Livres © H.L.

Les nouveaux locaux disposent de salles grises avec environnement contrôlé. Avec ce critère d’excellence, l’atelier de reconditionnement apporte beaucoup de soins aux produits de grandes marques locales. L’atelier d’imprimerie numérique répond à une demande de réalisations de supports de communication, il travaille aussi avec l’atelier FALC qui reproduit des documents ou des ouvrages dans un style plus Facile À Lire et à Comprendre, qu’il s’agisse de documents administratifs ou des romans.

« Le roman l’Appel de la Forêt d’après Jack London a été lauréat du prix Handi-Livres 2025, rappelle Amélie Berche, chargée de communication APEI-Osea. Toute une série de romans de la maison d’édition Òser Lire sont disponible à l’achat (Le Petit Prince de Saint-Exupéry, Un chant de Noël de Dickens, Les enfants des justes de Signol, Les lettres de mon moulin de Daudet, Les voyages de Gulliver de Swift…) Les règles du rugby-fauteuil ont été rédigées en FALC à la demande de GMF lors de la coupe internationale de ce sport. »

Des travailleurs engagés sur un objectif et leur satisfaction

Lors de l’AG du club de la presse © SBT

Le travail dans une entreprise adaptée repose sur les règles communes de vivre ensemble, de réussite complète de sa mission avec cependant une certaine liberté de s’organiser. Les travailleurs bénéficient aussi de la perméabilité entre chaque atelier ou entre les sites. Certains d’entre eux apprécient de pouvoir renouveler la découverte d’une nouvelle activité tout au long de leur carrière.

« Chaque travailleur est accompagné par les moniteurs dans le cadre de son métier, dans le respect des codes avec une incitation à l’autodétermination », poursuit la directrice du pôle travail APEI Osea, Delphine Brouillaud. Il peut créer les conditions pour développer ses compétences et valoriser ses talents. L’institution met en place la pair-aidance* et accompagne chacun dans sa volonté d’acquérir des capacités notamment avec le suivi d’un plan de formation, comme n’importe quel salarié. »

Christelle et sa collègue sont affectées à la préparation des tartes aux pommes qui entrent dans le menu du jour © H.L.

Dans le nouveau cadre de Bistr’Òséa, les travailleurs rencontrés ont été volontaires pour s’impliquer dans la création de cette nouvelle activité. Certains apprécient le contact avec les convives, d’autres préfèrent s’impliquer dans des tâches à l’arrière. Christelle a pas mal bourlingué entre les différents ateliers, elle a aussi été mise à disposition à l’IME de Montpon, puis au centre national d’entraînement des forces de gendarmerie (CNEFG Saint-Astier), en naviguant entre l’atelier espaces verts et celui de la blanchisserie. « J’ai énormément apprécié de me faire des amis dans mes différentes activités et je suis repérée pour mon dynamisme, tant qu’il y a du boulot à faire, je fonce », assure  l’employée à la cuisine de Bistr’Òséa.

Les moniteurs accompagnent des équipiers motivés

Dressage des assiettes par le chef Baptiste © H.L.

Baptiste travaille en cuisine depuis plus de 13 ans, il est moniteur au restaurant. Il apprend à gérer les compétences des uns tout en faisant avancer le service pour suivre les arrivées des clients. Il gère une équipe de 5 personnes. Vincent, l’autre moniteur, s’occupe de la salle et du bar. Il pilote le service avec l’aide de 5 travailleurs dynamiques et motivés. Les clients repartent rassasiés et satisfaits.
Pour Pierre, qui était venu manger avec deux de ses collègues, le niveau de chaque plat reste très satisfaisant. Il a beaucoup aimé l’entrée et les efforts dans le dressage des plats. Pour lui, le tarif est largement justifié. Le dessert signature de Pierre Gobert semble les avoir convaincus de payer le supplément.

Une construction prévue pour s’adapter aux évolutions

© H.L.

Hervé Mazière, président de l’association, insiste sur l’importance de l’investissement pour la structure. Avec le conseil d’administration et toutes les équipes, ils avaient anticipé une évolution des prestations fournies par les travailleurs pour s’adapter aux demandes de leurs partenaires. Le projet avait longtemps mûri et, lors de sa finalisation, une aile supplémentaire a été ajoutée pour héberger le nouveau restaurant. L’emplacement était stratégique pour cet investissement. La proximité de l’arrêt Péribus offre une autonomie réelle aux travailleurs présents. De même qu’il semblait logique pour l’association de proposer un pôle restauration adossé au réfectoire. Le restaurant et la cuisine traiteur sont une prestation supplémentaire. « Ce nouveau site physique au milieu d’une zone d’activité “classique” démontre la volonté d’inclusion de notre action. Avec l’ouverture du Bistr’Òséa, les travailleurs ont l’occasion de prouver leurs compétences et leur engagement au service du “monde professionnel extérieur” », conclut le président de l’APEI Périgueux.

*La pair-aidance repose sur une entraide entre personnes souffrant ou ayant souffert d’une même maladie somatique ou psychique, ou atteintes d’un même handicap. Le partage de son vécu permet à chacun de progresser au-delà de son histoire personnelle.

Des qualifications pour travailler en milieu ouvert, mais pas uniquement

© SBT

Les travailleurs sont accompagnés dans leur programme de formation sur les gestes et postures, l’autonomie pour se déplacer, la validation de CACES, des formations techniques telles que l’utilisation de machines d’impression, autour de la santé au travail, du bien vivre ensemble de la mise en place du tutorat… Ces compétences permettent ainsi à certains travailleurs d’être mis à disposition du milieu ouvert où ils sont employés, de façon ponctuelle ou mis à disposition pour une longue période.