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Un bain de nature

©photo ARP
AMÉNAGEMENT DE JARDIN. Originaire de Celles, dans le Ribéracois, Anthony Roger est resté sur ses terres pour développer son entreprise de paysagisme, il y a 16 ans. Sur terre certes, mais aussi dans l’eau : il a découvert les bassins de baignade naturelle durant son BTS et a enfin ajouté cette nouvelle compétence, « un vrai coup de cœur », à son activité depuis quatre ans.

« J’ai pris le temps de me documenter avant de me lancer et de choisir Bionova comme partenaire. Ils ont inventé un concept qui fonctionne et, surtout, la société-mère basée en Allemagne a développé un bureau d’études performant. Ils proposent une formation tous les ans pour nous présenter leurs avancées mais aussi pour découvrir les réalisations d’autres paysagistes, en France et en Europe. C’est très inspirant. » Aux origines, le fondateur autrichien de Bionova a étudié les lacs de montagne pour comprendre les raisons de la pureté de leur eau, liée à une savante alchimie entre eau, plantes et roches. Il a ensuite reproduit cette perfection naturelle pour créer des bassins de baignade chez les particuliers ou pour les collectivités territoriales : en France par exemple, la commune de Montagny-lès-Beaune en Bourgogne s’est dotée d’un bassin de 3 000 m² ; des campings, gîtes et hôtels proposent maintenant cette offre plus écologique et originale à leur clientèle.

La nature pour modèle

Les partenaires de Bionova sont tous des paysagistes pour une recherche esthétique optimale, « un jardin d’eau dans un jardin végétal. Quand on voit une piscine naturelle, que l’on sent la douceur de sa peau après la baignade, on ne veut plus d’une piscine classique. L’eau y est vivante et non morte à cause des traitements notamment », ajoute Anthony avec passion.

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Une piscine naturelle peut être maçonnée ou de forme libre suivant l’effet esthétique recherché, la première option permettant le nettoyage avec un robot. « Une membrane armée en PVC est fixée par un spécialiste : elle n’est pas glissante et elle dure quarante ans à minima. Avec la maçonnerie éventuelle et les tuyaux, ce sont les seuls matériaux non écologiques », glisse Anthony.  La piscine comprend deux parties, attenantes ou non, la zone de baignade et celle de régénération avec les plantes aquatiques.

Concept et entretien

Des rigoles à débordement autour de la zone de baignade évitent les zones “mortes” et recueillent les principales particules en suspension (feuilles, cheveux, etc.). Cette eau passe ensuite dans un filtre avant de rejoindre la zone de traitement elle-même constituée de deux compartiments d’un mètre de profondeur mais avec des niveaux d’eau différents, emplis de graviers, d’argile ou de glaise et de plantes pour éliminer les germes potentiellement dangereux, comme dans les lacs de montagne…  Bionova vient de créer une filtration compacte d’un diamètre de 2 mètres mais Anthony « préfère garder une zone plantée beaucoup plus ornementale. » L’esthétique est primordiale chez le paysagiste ! Une pompe assure la circulation de l’eau entre ces espaces et, si l’on veut un fonctionnement électrique solaire, « on peut se raccorder à une installation photovoltaïque qui donne sa pleine mesure en été pendant la saison de la baignade », précise Anthony.

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L’entretien est très simple : au printemps, il faut relancer la pompe et vérifier l’état des plantes. En saison, donner un engrais liquide facilement assimilable par les plantes (durant les deux premières années seulement) et nettoyer le bassin avec un aspirateur. En début d’automne, enfin, prévoir un faucardage des végétaux (taille à ras) et l’arrêt de la pompe.

Coût et avantages

Le prix d’une telle réalisation est le principal frein à sa démocratisation car il faut compter entre 1 500 et 2 500 euros du m². Mais le coût d’entretien annuel est ensuite minime : 60 à 80 euros d’électricité plus l’engrais pendant deux ans contre 500 à 1 000 euros pour une piscine classique. Autre bonne surprise, le bassin de baignade naturel n’est, à ce jour, pas imposable et ne nécessite pas d’alarme (ce qui n’empêche pas d’être prudent). Enfin, si sa taille n’excède pas 99 m², une simple autorisation de travaux en mairie suffit. Voici pour la règlementation, mais revenons à la nature pour contempler ses autres avantages : pas de moustiques ni de grenouilles (trop bruyantes pour certains) car l’eau ne stagne pas. Insectes d’eau inoffensifs et libellules s’épanouiront dans la zone de régénération, assurant le couvert aux oiseaux en plus de la boisson et du bain ! « Des hirondelles ont déplacé leur nid d’un jardin avec piscine classique à celui du voisin, l’un des clients chez qui j’ai créé un bassin naturel en Charente-Maritime », s’amuse Anthony. « Ces personnes aiment tellement leur bassin, ses reflets, sa faune et sa flore, qu’ils l’ont

Piscine naturelle en Charente © Photo ARP

fait aménager devant leur cuisine afin d’en profiter toute l’année. Ils ont même acheté une combinaison pour s’y baigner le plus longtemps possible ! ». Ce qui nous amène à un dernier point intéressant : les zones de profondeurs différentes génèrent une régulation thermique naturelle, l’eau est plus chaude quand l’air est frais et vice-versa.

Anthony reçoit 400 demandes par an, principalement en Gironde, et pour quelques-unes en Dordogne. Sachant qu’une piscine classique peut être transformée en bassin de baignade naturelle, pourquoi ne pas aller plus loin et allier l’utile à l’agréable ? Et aussi à l’esthétique, bien sûr.

Myriam POUPARD

Le témoignage de la famille Cousquer

Sylviane, Jean et Bruno Cousquer gèrent le Domaine du Fraysse, à Saint-Cybranet, un ensemble écologique de gites de charme 5 étoiles répondant aux critères de la biologie de l’habitat, des bio-hôtels et de la haute qualité environnementale.

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Avant d’acquérir ce hameau, la famille Cousquer dirigeait cinq magasins biologiques en Alsace et connaissait la société Bionova, très implantée en Allemagne. Fidèles à leurs valeurs et confiants dans cette entreprise, ils font appel à ses services pour réaliser leur bassin en 2006. « Après 15 ans de fonctionnement, nous ne regrettons absolument pas notre choix : au contraire, nous en sommes très satisfaits, assure Jean. La conception du bassin rend son entretien très simple et malléable, notamment pour le liner. Durant la saison, nous nous contentons de passer l’aspirateur tous les samedis. »

À l’époque de la construction, Anthony Roger n’était pas encore formé pour le réaliser mais c’est maintenant lui qui assure l’entretien annuel : « pendant une dizaine d’années, nous ne nous étions pas vraiment occupés des plantes dans la zone de régénération et elles étaient devenues envahissantes. Anthony a rééquilibré l’ensemble et depuis, nous le faisons intervenir au printemps et à l’automne pour le suivi », précise Jean.

Le bassin de baignade a une superficie de 250 m² (et autant de plage) et le bassin de régénération 170 m². Jean Cousquer conclut : « Nous avons souhaité une entrée progressive pour les enfants les plus jeunes avec des paliers de 25 cm et, de l’autre côté, un rocher sert de plongeoir à l’endroit où la profondeur atteint 3 mètres. Cette piscine naturelle est un atout supplémentaire dans notre offre de location, les enfants la plébiscitent et demandent à revenir ! Et puis, pour l’agrément esthétique, c’est comme un petit lac qui se fond dans le décor naturellement beau des lieux. »