Accueil BIEN fait Nicolas et Amélie, « absorbeurs d’images » pour un univers audiovisuel infini

Nicolas et Amélie, « absorbeurs d’images » pour un univers audiovisuel infini

@Louis Vilgrain
AUDIOVISUEL. MEDIAS. Installés depuis 2014 en Périgord où ils ont chacun leurs racines familiales, Nicolas Renault et Amélie Piano vivent pleinement leur passion de la production et de la réalisation audiovisuelle. Après avoir tourné en France et à l’étranger, ils ancrent de plus en plus leurs créations sur notre département pour en proposer un regard différent, enrichi de leurs expériences passées.

Durant plusieurs années ils ont puisé leur inspiration au cœur d’une Inde cosmopolite, tellement différente d’un point de vue culturel. « Une expérience unique porteuse » selon Amélie « de remise en question de la manière de vivre »

L’Inde, un pays où tout est possible

Depuis l’âge de 15 ans, Nico a tout appris sur le terrain de façon non académique. Sollicité régulièrement pour des piges, par des chaînes de télévision, via sa boîte de production Spicy Motion, il ne s’épanouit guère. Une commande institutionnelle dans le Morbihan a raison de sa motivation, et après avoir décliné une opportunité à Canal+, il décide d’épicer son parcours professionnel, en larguant les amarres pour six mois en Inde, durant lesquels il se nourrit d’images, de tournages, d’expériences, à travers un prisme humainement riche pour : « apprendre à voir le monde différemment ».

Il n’en faut pas plus à Nicolas pour avoir envie de partager et de transmettre cette expérience professionnelle, avec des personnes voulant acquérir des compétences ou se perfectionner dans l’audiovisuel. Il s’agit pour lui de confronter ses futurs stagiaires aux difficultés d’un reporter de terrain : les contraintes de la traduction, la difficulté de trouver des sujets, les impératifs de timing, récurrents en Inde, où la notion du temps est très éloignée de celle des Occidentaux.

Les demandes ne se font pas attendre sur le site qu’il a créé ; son programme d’apprentissage proposant deux mois en Inde, avec de la prise de vue, de la réalisation et de la post-production, attire des professionnels en reconversion, pour devenir journalistes reporters d’images, ou des réalisateurs contraints de se former à la technique.

©Spicy-Motion

Des stagiaires journalistes d’Arte, d’Euronews, de TF1 font ainsi cette expérience unique, « d’un pays où l’on ne sait pas forcément le matin ce que l’on va tourner, mais où tout est possible».

Une collaboration féconde

Amélie le rejoint en 2009. Leurs familles se connaissent et les ont mis en relation. Elle vient d’obtenir un BTS en audiovisuel post-production, et la formation que Nicolas propose en Inde depuis un an la conquiert tout de suite. Après avoir assuré ensemble une session en France pour tester leur association, ils organisent durant près de six ans des sessions de deux mois en Inde, faisant régulièrement des allers-retours avec l’hexagone. Ils forment désormais une vraie équipe avec Jothy Mohanraj, devenu leur associé et ami, chargé de la logistique sur place, de la traduction, qui varie en fonction des différentes langues officielles.

Ils nouent des contacts, notamment avec Babel Press, société de médias créée par d’anciens journalistes de TF1, à destination des chaînes françaises. En leur fournissant régulièrement des reportages, Nicolas rencontre d’autres professionnels qui le sollicitent, notamment pour des reportages sur France 5 et TV5 Monde.

©Katy-Mage

Mais la situation politique de l’Inde évolue notamment avec l’accession de l’extrême droite au pouvoir; la survenance des attentats de Bombay en novembre 2008 et le viol collectif à New Delhi en décembre 2012, effraient les stagiaires potentiels qui sollicitent dès lors des formations plutôt en France.

Le retour de Nicolas et d’Amélie, anticipé trois ans plus tôt par l’achat en Périgord, d’un ancien séchoir à tabac à rénover est officiel en 2014.

Le Périgord, terre d’émotions et de valeurs

Ils connaissent bien ce département qui les a vu grandir. Nicolas y a tourné de nombreux documentaires. Pour Amélie,  « c’est une région cadeau où il ne faut pas aller bien loin pour trouver de belles choses à filmer »; un atout indéniable également en matière de formation. Ils ont tous deux à cœur de développer, en parallèle de la production exécutive, leurs propres réalisations, reportages ou documentaires, avec un fil conducteur qui leur est cher : « Filmer autour de l’engagement sur notre territoire ». D’où un projet encore en cours, engagé sur le moyen terme, consistant à filmer cinq personnes au rythme des saisons, « un documentaire choral», agrégeant des parcours de vie au quotidien. Avec le Covid, ils envisagent de le réorienter d’une autre manière. L’existence de ces habitants, qu’ils soient infirmier, instituteur, artisans, a été bouleversée et le tournage évolue en tenant compte de cette transition.

Après le confinement, jamais à court d’idée, Nicolas a démarré un autre projet Objet Filmique Non Identifié (OFNI) en invitant les Périgourdins à témoigner par un poème ou une phrase, d’une émotion ressentie, reliée à un endroit situé en Dordogne.  Cette mise en image d’émotions, croisant les expériences, donnera lieu à un film contributif et collectif, où « l’on racontera la Dordogne à travers des émotions partagées ».

©Suzanne Boireau-Tartarat

Leur activité de plus en plus intense leur permet aussi de travailler avec des commanditaires toujours en écho avec leurs valeurs. Une ancienne stagiaire les a notamment sollicités en 2019, pour le tournage d’un film sur l’accès à l’imagerie médicale en Afrique, pour le compte de l’école polytechnique de Lausanne. En 2020, ils réalisent, à la demande d’Elisabeth, une écrivaine suisse, un documentaire r’Ose transat on air diffusé à la télévision et au cinéma, relatant sa traversée de l’Atlantique, avec un équipage de femmes ayant toutes affronté un cancer du sein.

Ils effectuent par ailleurs des portraits de permaculteurs, des histoires de vies en résonance avec des thèmes qu’ils affectionnent, notamment « les démarches envisagées pour l’agriculture de demain ». Labellisés French Tech Périgord Valley (FTPV), leurs projets ne s’arrêtent pas là. Avec cinq autres professionnels indépendants, spécialisés en communication multimédia, ils viennent de créer le collectif Woody.

Woody, pour faire BIEN autrement

Complémentaires, libres, et inspirés, ils mettent en commun leurs compétences et leurs réseaux, officialisant ainsi des passerelles déjà existantes dans leurs activités respectives. L’objectif principal étant d’accompagner des marques, des entreprises, à se développer grâce à leurs savoir-faire en matière d’identité visuelle, de stratégie de marque, de storytelling, de conception de site Internet, de réseaux sociaux, et de stratégie audiovisuelle.

©Spicy-Motion

Le collectif Woody, dont le nom fait référence à l’authenticité de notre Périgord à travers ses paysages, ses forêts veut : « aider les petits projets comme les plus importants tout en s’adaptant aux moyens de chacun ».

Tous originaires du Périgord, ces sept professionnels, unis par des valeurs humaines et environnementales communes, ont à cœur de valoriser notre territoire et ceux qui y vivent : un beau projet fédérateur.

Les membres du collectif Woody

Anne Payot – STRATÉGIE / MARKETING CAR

Laure Dupleix – DESIGN GRAPHIQUE PRINT / WEB

Cyril Nahon – DÉVELOPPEMENT / INTÉGRATION WEB

Lola Sommeling – RESEAUX SOCIAUX

Romain Grossard – RÉFÉRENCEMENT / SE

Nicolas Renault – PRISE DE VUE / RÉALISATION

Amélie Piano – MONTAGE / POST-PRODUCTION