La fondatrice du Comité féminin a su parler au cœur des relais d’opinion et du grand public pour faire avancer le combat, allant au contact des professeurs de renom et des politiques de tous bords, en comptant sur la fidélité du parrain du comité, l’athlète paralympique Joël Jeannot, et sur l’énergie de son équipe de bénévoles.
Une longue liste rose
Entre les pages d’histoire de l’association, on lit aussi les confidences d’une femme que la vie n’a pas épargnée, entre un premier cancer du sein coïncidant avec un divorce, il y a 35 ans, et un « retour du crabe » l’an dernier, un nouveau cauchemar. Entre ces deux épreuves, la « célibattante » qui ne voulait plus être « la femme de » mais une personnalité à part entière sort de sa méfiance pour retomber amoureuse (la puissance du dernier amour), reçoit la Légion d’Honneur des mains de Xavier Darcos le 28 juin 2008 (l’occasion d’adresser un merci personnalisé à une partie de l’assemblée), publie un premier livre en 2010 au bénéficie de l’association (Un présent au passé recomposé), reçoit L’honneur en action par la société des membres de la LH (prix qu’elle remettra à Lionel Roye pour ses cours Sport et cancer), bénéficie d’un bureau d’accueil à la CPAM 24, déploie l’opération Balles roses avec les Jeunes Agriculteurs, fait circuler un buste d’autopalpation, crée des ateliers support à la clinique Francheville, reçoit un deuxième Honneur en action pour soutenir la pratique de l’escrime santé, lance des éditions de timbres et de sacs à messages dans les boulangeries, fait fleurir des Mars bleu, organise des marches, des conférences et des concert… toute une vie en rose en partage ; mais pas toujours rose.
S’engager, partager

Annie Le Cam signe aussi une ode aux bénévoles, plus dispersés après la crise Covid et parfois découragés par les « y’a qu’à »… ci ou ça qu’on ne fait pourtant jamais à leur place. Les chiffres apportent un éclairage concret aux mots de ce récit : en 2001, seulement 29 % des Périgourdines invitées au dépistage gratuit pour les 50-74 ans y répondaient. Elles sont aujourd’hui 61 %, au-dessus de la moyenne nationale de 48 %.
Si Annie Le Cam a réussi à s’épanouir tout en livrant bataille au nom des femmes malmenées par le cancer et de toutes celles qui se surveillent mieux grâce aux campagnes de sensibilisation, elle a dû se ressaisir à l’heure de ce nouveau combat : l’évoquer est pour elle une façon de continuer à lutter avec lucidité, en témoignant de son parcours pour « que la femme que je suis et la présidente engagée ne fassent qu’une ». Parce que « pour rester en vie, il faut en avoir envie ». Et ne plus perdre de temps.
• Les mots au cœur des maux, Annie Le Cam, Éditions Beaurepaire, 22 euros (bénéfices reversés à l’Association pour la prévention et le dépistage des cancers)









