Accueil BIEN ensemble Première unité mobile de téléconsultation en santé au travail

Première unité mobile de téléconsultation en santé au travail

SANTÉ AU TRAVAIL. Le secrétaire d’État chargé des retraites et de la Santé au travail, Laurent Pietraszewski, a rencontré les représentants du Service de Santé au Travail Dordogne (SST24) jeudi 15 avril. Il a pu mesurer le caractère innovant de l’unité mobile dédiée à la téléconsultation en santé au travail : une première en France.

Laurent Pietraszewsi a ainsi pu tester lui-même le camion connecté et aménagé, installé sur le parking de l’entreprise HMS-Vilgo, à Creysse. Cette unité dédiée, en phase de test depuis quelques mois, permet de réaliser les visites médicales en téléconsultation. L’infirmière disposant de tous les outils médicaux connectés (stéthoscope cardiaque et pulmonaire, otoscope) est “la main du médecin” à distance. Ce dernier reçoit en direct les résultats et poursuit la consultation en visio, avec la possibilité de recevoir des photos complémentaires si besoin.

Allier tradition de proximité et nouvelles technologies

Pour le médecin du travail, il s’agit d’une méthode supplémentaire qui se développe depuis le début de la pandémie et atteint désormais 15 % de la totalité des visites. Loin d’être une pratique déshumanisante, il s’agit selon Laurent Eecke, directeur du SST24, « de couvrir certaines zones blanches ne disposant pas de centres annexes ni de maisons de santé pluridisciplinaires. » Le camion peut ainsi se rendre sans difficulté dans ces secteurs.

C’est aussi une alternative sur un territoire géographique étendu comme celui de la Dordogne, où il est fréquent qu’un médecin ait plus d’une heure de route pour rencontrer un salarié, et « une heure de route, c’est une heure de perdue ». L’unité mobile dédiée permet dans ces cas-là de gagner en souplesse et en proximité. Le médecin reste dans son cabinet et gagne également un temps précieux.

©Valérie Desfrançois

Dans cette période sanitaire compliquée mettant à rude épreuve le monde du travail, qu’il s’agisse des salariés ou des chefs d’entreprise, on peut se demander si la téléconsultation n’entrave pas la confiance que l’on place dans un médecin, du fait de la médiation de l’outil connecté. Testée pour les salariés expatriés, la téléconsultation a été notamment utilisée en psychiatrie. De nombreuses évaluations de ces expériences, basées essentiellement sur les entretiens verbaux, révèlent qu’elle n’est pas un frein, tout au contraire, à la libération de la parole, pour les professionnels comme pour les patients.

Il ne s’agit pas pour autant selon Laurent Eecke de généraliser une pratique « non adaptée pour certains examens impérieux ne pouvant se pratiquer à distance : une coiffeuse dont la coiffe du rotateur est abîmée par des années de pratique devra être examinée en présentiel. »

Un prototype qui ne demande qu’à évoluer

Propriété du Service de Santé au Travail Dordogne, le camion a nécessité un investissement de 10 000 euros pour être doté du matériel médical connecté, indispensable pour la téléconsultation. Philippe François, président du SST24, ne compte pas en rester là et envisage de faire évoluer le prototype afin de développer ce dispositif d’unité mobile.

Le secrétaire d’État a salué la réponse innovante apportée par le SST24 « qui s’adapte à son milieu et sait répondre aux besoins des salariés et des employeurs», ajoutant qu’il ne manquerait pas d’en faire la promotion auprès d’autres départements.