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Villars livre ses derniers secrets

© Grotte de Villars
LE DESSOUS DES GROTTES. Ce mercredi 14 octobre la grotte de Villars, en Périgord vert, ouvre ses portes pour une visite d’un genre particulier. Grâce aux avancées de la science, il est désormais possible de connaître le climat paléolithique en partant... des stalactites !

C’est un peu le monde à l’envers, ou sens dessus-dessous, si vous préférez. Imaginez que l’on parte de la cave pour évaluer la météo du jour. Cela n’aurait aucun sens. Et pourtant, c’est ce qu’il se passe du côté de la grotte de Villars, en Périgord vert. Pour faire simple, une équipe du CNRS est partie de la composition des concrétions de la grotte pour connaître le climat extérieur. « Il s’agit de reconstruction climatique, éclaire Dominique Genty, chercheur au CNRS de Nouvelle-Aquitaine. Villars est un site que nous étudions depuis une trentaine d’années. »

Un travail de fourmi

Si jolies à contempler pour le commun des mortels, les stalactites fourmillent d’informations quand on les regarde de plus près. « En fait, on a comparé leur contenu aux carottes glaciaires des pôles », poursuit le chercheur. Et ces recherches ont démontré que les concrétions souterraines pouvaient faire remonter le temps jusqu’à moins 500 000 ans. Une paille. Surtout quand on sait que la présence des premiers hominidés en Dordogne date, grosso modo, de 400 000 ans. On savait déjà que, sur cette longue période, les périodes glaciaires et tempérées se sont succédé. Cela dit, ces recherches à l’échelle microscopique ont permis d’aller plus loin, ou, du moins, plus en détails. « Par exemple, on sait qu’il y 8 200 ans, il y a eu une période très froide qui a duré environ 150 ans », détaille Dominique Genty.

© Grotte de Villars

Comment le sait-on ? Là est toute la subtilité de la chose. En perçant des trous d’aiguille dans les stalactites, on découvre plusieurs informations. Notamment le fait que, parfois, au cours de leur croissance, elles se sont tout bonnement arrêtées. On a tous en tête le discours bien rôdé d’un guide annonçant que les concrétions « grandissent de quelques millimètres à quelques centimètres par siècle ». Or, ce n’est pas tout à fait vrai. « En moyenne, c’est plutôt de l’ordre d’un millimètre par an, sourit le chercheur. On est loin des quelques millimètres par siècle. »

L’eau, symbole du temps qui passe

Mais, un peu comme les légumes, pour se développer, elles ont besoin d’eau. Donc, quand un temps d’arrêt est visible sur leur croissance, on peut en déduire que le sol était gelé, en surface. Et, inversement lorsque la croissance est rapide. « Ce qui nous renseigne sur le climat à ce moment-là, poursuit le chercheur. Et, bien sûr, on peut dater les fragments. Un peu comme on ferait au carbone 14. »

Ces renseignements, essentiels, permettent non seulement de déterminer le climat mais aussi les plantes présentes à ce moment-là ainsi que la faune et donc, d’en apprendre plus sur la vie de nos ancêtres, CQFD. Ce sont toutes ces explications qui sont développées le 14 octobre, lors d’une visite guidée d’un genre particulier, au sein de la grotte de Villars. Mais ne cherchez pas, la visite est complète depuis longtemps, seule une dizaine de privilégiés y ont accès. Cela dit, Villars mérite le détour pour ses concrétions et ses peintures rupestres, tout au long de l’année.