
La célèbre Vénus de Botticelli sort de sa coquille dans une tenue cyberpunk, surveillée par un sous-marin, alors que les époux Arnolfini de Van Eyck posent avec leur chien affublé de lunettes bleues sous le regard d’un artiste chinois. On retrouve le même en train de boire un verre de lait à côté de la fameuse laitière de Vermeer, alors que le Saint-Thomas du Caravage a été transformé en robot pour observer avec incrédulité la blessure du Christ.

L’artiste chinois Pang Maokun né dans le Sichuan en 1963, joue volontiers au caméo en apparaissant sur certaines de ses répliques de classiques de la peinture occidentale. Avec bien d’autres œuvres reproduites et réinterprétées, elles constituent la partie la plus insolite de son exposition dans le cloître de la cathédrale Saint-Front de Périgueux jusqu’au 29 août.Dès les premiers jours, des centaines de visiteurs ont profité de cet accès libre depuis la place de la Clautre.
Cette exposition est déjà passée en Dordogne par Brantôme, Saussignac et Port-Sainte-Foy, où est installé Ze Wang, l’un de ses anciens élèves aux Beaux-Arts dans le Sichuan. Il a monté en Dordogne la société Trois bouquins qui édite un livre sur son maître en peinture et le fait connaître en France.
Un portrait de Montaigne

Les grands tableaux de Pang Maokun ont attiré l’attention de Jean-Luc Laville, président et animateur de l’association Carpe Diem qui organise de nombreux événements en Dordogne, dont la Ruée vers l’Art. Il s’est démené en quelques pour prolonger à Périgueux cette présentation en Dordogne. Grâce à la complicité de Christian Dutreilh le recteur de la cathédrale, il a pu l’installer dans le cloître pour en faire profiter le plus large public. Les pastiches de tableaux classiques sont accompagnés de portraits de jeunes femmes et de croquis de l’artiste. Les organisateurs ont loué le talent du peintre chinois, ainsi que les liens qu’il tisse entre l’Orient l’Occident, dans ce lieu de partage que constitue la cathédrale.

Le peintre était rentré en Chine pour le vernissage à Périgueux mercredi 19 août, mais Jean-Luc Laville avait donné du cachet à l’événement en faisant intervenir la chanteuse Dawa Salfati pour un moment musical spirituel.
Pang Maokun avait aussi laissé à son élève un tableau créé durant son court séjour en Périgord : un portrait de Montaigne inspiré par les représentations connues du célèbre penseur né et mort en Dordogne. L’artiste a décidé d’offrir ce tableau sans fioritures contemporaines, à la Bibliothèque nationale de France à Paris. Il est présenté dans le cloître le temps de l’exposition à Périgueux, ville où il fut magistrat au XVIe siècle.
Prochain rendez-vous à Chancelade
Cette exposition imprévue annonce l’événement de l’année organisé par l’association Carpe Diem et l’équipe de Jean-Luc Laville : La Ruée vers l’art. Après l’ancien immeuble de la Banque de France de Périgueux, le château de Bourdeilles et le cloître de Saint-Front, la quatrième édition va s’installer du 18 au 27 septembre 2026 à l’Abbaye de Chancelade et notamment dans le Logis de l’abbé, juste rénové. Une cinquantaine d’artistes peintres, sculpteurs et photographes y exposeront pour la plupart avec des œuvres inédites.

« Notre but c’est de présenter des œuvres dans des lieux insolites du Périgord, en accès libre pour le public. Nous créons l’événement : à la banque de France nous avions attiré 5000 visiteurs », explique Jean-Luc Laville. Depuis 40 ans, ce Nontronnais, qui a travaillé dans l’animation socio-culturelle, a organisé de nombreuses manifestations à travers la Dordogne. Il continue à partager ce plaisir avec Carpe Diem et grâce à des partenaires qui jouent le jeu.
Le vernissage de la ruée vers l’Art est prévu jeudi 17 septembre à 19 heures à l’abbaye. De nombreux artistes dont déjà annoncés : Bruno Blum, Clémence Cadiot, Bernard Boudin le président de la société des Beaux Arts avec ses collages, Marika Chastanet, Régis James Farges, Isabelle Marandon alias Isam, Yuki Yamaguchi Mouquet, le photographe des enfers Arno Loth, Marie-Hélène Goral alias Mathégui, Michèle Duretête Brodel, Elisabeth Laborieux, PyM et ses fusains, Adina Anghel Barrand, Christine Drouillard, Ze Wang né dans le Sichuan en Chine et beaucoup d’autres comme Nino Pajot et son éternel Don Quichotte réinventé dont on ne se lasse jamais.








