Accueil BIEN fait Un Champcevinellois parmi les lauréats du concours Portraitiste de France 2021

Un Champcevinellois parmi les lauréats du concours Portraitiste de France 2021

©TSILAOSA
CONCOURS. PHOTOGRAPHIE. Photographe sur la commune de Champcevinel, Jean-Luc Renouil a reçu en ce début du mois d’octobre 2021, le prix de « Portraitiste de France », décerné par la Fédération Française de la Photographie et des Métiers de l’Image (FFPMI). Une nomination récompensant la qualité de son travail.

Un jury réunissant une quinzaine de personnalités du monde de la photographie, parmi lesquels six meilleurs ouvriers de France (MOF) et cinq Master Qualified European Photographer (MQEP) l’a ainsi récompensé, selon des critères artistiques et techniques stricts et rigoureux.

De la passion au métier

Découvrant par hasard la photographie il y a plus de quinze ans après avoir offert et testé un appareil photo professionnel à son fils, Jean-Luc est rapidement gagné par le virus de l’image.

À La Réunion où il vit jusqu’en 2019, il ne se lasse pas de capturer paysages, lumières, animaux endémiques dans leur environnement naturel. Accompagnant régulièrement son épouse artiste-peintre lors de ses expositions, il décide de monter un stand près d’elle et réalise plus de mille portraits de Réunionnais. Le début d’une véritable passion.

©Tsilaosa

Sa démission dans le cadre d’un plan de départ volontaire de la société Altis et son retour en métropole, l’incitent à créer son studio. Restait à lui trouver un nom en lien avec son île : ce sera Tsilaosa. (Lire dans l’encadré l’histoire de ce nom)

« Le portrait, c’est dans son ADN »

Pour Jean-Luc, chaque séance est différente et à chaque fois la magie opère. « Ce petit trac toujours présent avant l’entrée en scène », lui est nécessaire pour préparer, orienter la séance en tissant une relation qu’il qualifie « d’unique ». Car pour qu’affleure l’individualité du sujet, il est question de lumières, de composition, mais dans le prolongement de l’objectif et de l’œil du professionnel, c’est bien de cœur qu’il s’agit.

©Tsilaosa

Dans cette confrontation à l’image de soi, le photographe saisit aussi avec son cœur et son vécu, ce que la personne ne montre pas toujours, mais qui la révèle à elle-même. À l’issue de la séance, on peut ainsi se trouver beau, se réconcilier avec son âge, se sentir apaisé. Sublimant l’image par ce qu’il est et ce qu’il ressent, le photographe parvient à ne faire qu’un avec son sujet.

Ce sont toutes ces qualités qui ont certainement séduit le jury. Avec cette distinction, reconnaissant et valorisant la qualification du professionnel, Jean-Luc peut oser revendiquer son approche autodidacte du métier.

Pour ses clients, c’est un gage de qualité et de professionnalisme, dans le respect des règles académiques de la photo. Pour lui, c’est la « poursuite d’une relation privilégiée avec eux » et également l’occasion de participer à la Coupe du monde de photographie, ouverte aux « Portraitistes de France », dont les résultats seront proclamés en février 2022.

« Dans l’Océan Indien, à quelques centaines de kilomètres à l’est de Madagascar, et à proximité de l’île Maurice, se situe l’île de La Réunion, mon département de coeur, puisque nous y avons passé vingt ans. Au centre de l’île, se nichent trois cirques géologiques vertigineux, tous plus beaux les uns que les autres. Ils ont pour nom des dérivés de mots malgaches. Madagascar a en effet, de par sa proximité, joué un rôle très important dans le peuplement de La Réunion en tant que pourvoyeuse d’esclaves. Lorsque des esclaves arrivaient à s’enfuir, ils n’avaient d’autres moyens pour se cacher, que de se diriger vers le coeur de l’île. Ce sont ainsi les Malgaches qui ont donné les noms de la plupart des lieux situés au coeur de La Réunion. L’un de ces trois cirques est celui de Cilaos; ce nom viendrait du mot malgache Tsilaosa qui signifierait « Lieu que l’on ne quitte jamais », autrement dit le refuge. 

Pour le studio, je voulais un nom qui sonne réunionnais pour me rattacher à mon île. Un jour, un sanglier est passé dans le jardin; puis un chevreuil, un second sanglier et les palombes qui sont arrivées en nombre. La forêt derrière le studio est protégée, privée, non constructible et non ouverte à la chasse. C’est un refuge; j’avais le nom du studio 😉»

Jean-Luc Renouil