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Madeleine et ses souvenirs d’antan

© H.C.
PATRIMOINE. Le site troglodytique haut-lieu de la Préhistoire, classé au patrimoine mondial, a retrouvé une jeunesse et ses activités agricoles grâce à l’enthousiasme de la famille Hamelin.
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La Madeleine fait partie de ces sites préhistoriques éponymes, connus dans le monde entier. Elle a donné son nom à une période de l’histoire de l’humanité, le Magdalénien, culture de la fin du Paléolithique. Elle est datée, selon les auteurs, de moins 19 000 à moins 12 500 avant nos jours  Situé en bordure de la Vézère sur la commune de Tursac, la Madeleine est d’abord un abri sous roche où ont été trouvés, à la fin XIXe siècle, de nombreux objets décorés faisant partie de l’histoire de la Préhistoire : la première gravure de mammouth sur un fragment d’ivoire de cet animal et un bison se léchant sur un bois de renne. Ils ont alors révélé l’ancienneté humaine et le talent déjà confirmé de nos ancêtres il y a presque 20 000 ans.

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Cet abri en pied de falaise est surplombé d’habitats troglodytes de toutes les époques, avec même son émouvante chapelle Sainte-Madeleine. L’ensemble est surmonté d’un château médiéval. La Madeleine est donc l’un des sites importants du Périgord dont les milliers de pièces retrouvées dans les fouilles se trouvent dans les vitrines de musées d’histoire de la planète. Sur place, la visite, fait ressentir des siècles d’existence humaine à travers les traces d’habitat et des déplacements humains qui ont creusé le sol rocheux. Depuis des décennies le site vertigineux est ouvert au public.

“Réveiller Madeleine”

Marie et Louis Hamelin © H.C.

La famille Hamelin a relancé l’intérêt du site depuis presque 25 ans. Le père Charles, d’abord gardien, l’a acquis en 2016. Il y a fait venir son fils Louis, alors animateur de radio, comme guide. Quelques années plus tard, Marie, restauratrice de tableaux, l’a rejoint avant de se former en agriculture. Tous deux ont eu à cœur de ramener dans cet univers minéral la présence humaine qui y a vécu durant des siècles. Les deux trentenaires se partagent aujourd’hui la tâche de raconter la vie des femmes et des hommes des falaises en présentant leur savoir-faire sur le plateau. « On a voulu réveiller cette belle Madeleine », sourit Louis.

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La visite mélange le souffle de la Préhistoire et de l’histoire, avec celui du quotidien composé de tâches agricoles et artisanales. Les familles viennent y découvrir les vieilles pierres, les animaux d’une ferme rustique et les cultures qui alimentent en saison les plats du jour du petit restaurant. Marie y fabrique même du pain à l’ancienne, histoire de faire flotter aux alentours les bonnes odeurs du fournil. Des artisans viennent régulièrement assurer des démonstrations de métiers anciens. Forgeron, feuillardier, vannier, potier, tailleur de silex et bien d’autres s’y retrouvent régulièrement et notamment pour quatre jours bien remplis durant le week-end de l’Ascension. « Nous sommes tous des passionnés et nous adorons travailler en famille », s’amuse Marie.

Lancement de saison

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Pour la première fois, les Hamelin ont assuré le lancement de la saison d’été en recevant sur leur site les professionnels du tourisme du Périgord noir pour fêter le lancement de la saison 2026. Lundi 30 mars, gestionnaires de camping et de gites, propriétaires de sites patrimoniaux et d’animations, étaient venus très nombreux à l’invitation des trois offices de tourisme de la Vézère et de la rivière Dordogne ? Ils travaillent désormais sous le label “Intense Périgord noir” (voir ci-dessous). La plupart de ces professionnels du tourisme découvraient sur place les secrets du site sous la conduite des propriétaires partageant leur passion et des anecdotes. « J’espère que ça vous donnera envie de conseiller vos visiteurs pour venir ici », résumait Louis.

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Frère et sœur ne manquent pas d’idées. Leur visite est dynamique, se veut immersive. Elle n’oublie pas tous les âges, notamment les plus jeunes. Le passage par la ferme avec les canards qui courent entre les jambes, le dindon qui glougloute et les agneaux qui viennent se faire caresser alimentent la boite aux souvenirs. Le vaste séchoir à tabac désormais transformé en espace d’exposition sur la vie paysanne, et en espace de restauration rustique, contribue à une expérience sympathique.

Désormais, des soirées de contes émaillent la saison estivale. Les idées ne manquent pas et le public suit, même si la route d’accès est parfois une aventure. En quelques années, la fréquentation a presque doublé, atteignant 65 000 visiteurs l’an dernier. Nombreux sont ceux qui y passent plusieurs heures entre découvertes et farniente.

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Le catalogue du Périgord Noir

© Intense Périgord noir

Les trois offices de tourisme du secteur collaborent depuis la fin du Covid. Celui de Sarlat avec sa renommée qui attire des millions de visiteurs, celui de Lascaux Vallée Vézère avec ses locomotives de la Préhistoire et le Pays de Fénelon qui mise sur le tourisme vert. Ensemble ils ont créé le label Intense Périgord Noir, titre de leur brochure catalogue annuel. Celle de 2026, tirée à 160 000 exemplaires, financée par près de 200 adhérents et des annonceurs, est diffusée sur tout le territoire.

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« On a misé sur une bonne qualité et sur les enrichissements par des QR codes pour être accessibles en cinq langues — anglais, espagnol, néerlandais, allemand et italien — et nous donnons même des itinéraires de balades », explique la directrice de Vallée Vézère Cécile Lepoutre. Un nouveau site internet multiplie les informations. « Chaque territoire apporte sa pierre », souligne la directrice. Le Périgord noir mise sur le travail en commun en pariant qu’il rapporte davantage que la concurrence jalouse.