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Le Périgord grandeur nature

©S.B.Tartarat
TOURISME VERT. Les professionnels du tourisme, confrontés à la même incertitude que l’an passé, se munissent des mêmes attributs de séduction pour inviter à découvrir le Périgord autrement

L’événement grand format Châteaux en fête, prévu pour ouvrir la saison l’an passé, avait dû être annulé. Il n’en sera que plus majestueux ce mois de juin, si la crise sanitaire tire sa révérence à temps, car ce futur festival patrimonial a réussi à fédérer 75 châteaux et belles demeures, et s’est ouvert au Lot-et-Garonne avec 25 sites. Cet été encore, la partie touristique devrait se jouer sur le terrain national avec une marque Dordogne-Périgord, fortement promue sur les écrans télévisés l’an passé, qui a gagné en notoriété : elle s’est imposée parmi les trois destinations préférées des Français en 2020. Le comité départemental de tourisme va capitaliser sur les résultats déjà obtenus, 4,3 millions de visiteurs accueillis malgré tout, en essayant de fidéliser les plus de 20 % venus pour la première fois.

Une approche de bon goût…

Après la série de “Petits plats en équilibre” de Laurent Mariotte l’an passé, c’est “Cuisine ouverte, un chef sur la route”, présenté par le prodige Mory Sacko sur France 3, qui prendra le relais de l’image gastronomique avec deux belles étapes étoilées, au château des Vigiers, à Monestier, et à La Tour des Vents, à Monbazillac. Et deux vagues de spots publicitaires sur France 2, France 5, BFM Lyon et Paris ajouteront des arguments de nature à convaincre les visiteurs repérés comme sensibles aux charmes du Périgord : les familles actives qui aiment les activités de plein air et l’hébergement en camping ou en gîtes ; et les jeunes couples au profil urbain de moins de 35 ans sans enfants ou avec enfants en bas âge, qui séjournent plutôt en hôtel, au printemps ou à l’automne. S’y ajoute une clientèle européenne et internationale, plutôt intéressée par la préhistoire et hébergée en hôtel, gîtes ou chambres d’hôte… quand elle pourra voyager de nouveau. Les thématiques qui vont avec forment de petits univers complémentaires : Repos, farniente, paysage. Villages et cités de caractère. Monuments, musée et grottes. Vélo et randonnée. Brocante, marché, convivialité. Pour valoriser tout cela, un nouveau site web destiné à mieux préparer son séjour va naître de la refonte graphique du site existant.

Des arguments historiques

Le président départemental des Gîtes de France témoigne du succès de ce mode d’accueil l’été dernier : les citadins qui ont souffert du confinement sont venus prendre un grand bol d’air et ont souvent revu leurs pratiques. Germinal Peiro rappelle que le développement touristique de la Dordogne, confiée au département avec la décentralisation de 1982, a d’emblée pris une orientation verte et chez l’habitant. « Les gîtes ruraux ont fleuri dans les granges, les campings et les chambres d’hôtes ont ouvert à la ferme… Ces créations sont le fait des Périgourdins eux-mêmes, qui ont pu valoriser leur patrimoine et accueillir les visiteurs en favorisant le contact, pas seulement la consommation. » Un gage de qualité et une proximité de la nature qui a selon lui permis de maintenir des populations rurales et de créer une authentique force d’attraction, à l’abri des grosses installations de l’industrie touristique.
« Le tourisme vert, c’est aussi l’écologie, ajoute Sylvie Chevallier, présidente du CDT. La Dordogne est réserve biosphère de l’Unesco, ce qui correspond à des réalités, tout comme l’engagement zéro pesticide et les Grands sites de France pour lesquels le respect de la nature fait partie du cahier des charges. »

Le patrimoine naturel en renfort

Plus que jamais, la dimension de pleine nature est valorisée à travers des schémas départementaux, c’est le cas pour la pêche ou le vélo, et des partenariats avec des fédérations ou comités, comme pour la randonnée pédestre. Des sites naturels et des espaces départementaux ont été aménagés pour améliorer leur fréquentation : les gorges de l’Auvézère, les étangs de La Jemaye, Saint-Estèphe, Rouffiac et Gurçon.
Le Plan départemental des itinéraires de promenade et de randonnée (PDIPR) totalise 7 500 km de chemins, auxquels s’ajoutent des portions de véloroutes voies vertes, pour plus de 1 000 km d’itinérances.
Les chemins tracés dans la nature croisent désormais les fils tissés sur la toile : les données de référence numérisées des sentiers de randonnées seront bientôt disponibles en open data (ensemble des boucles et liaisons, et les données propres à chaque boucle) sur www.data.gouv.fr. Autre ressource internet,recense les nombreuses activités de loisir au grand air, de la station trail de Saint-Mesmin à la falaise d’escalade de Bayac.
Terra Aventura, jeu de piste numérique accessible par mobile et consacré au patrimoine local, compte une cinquantaine de parcours en Dordogne, dont un récent au Domaine de Campagne. Ce printemps, sera lancé Dorie, une application d’écotourisme engagé, développée dans le cadre du projet de la Maison numérique de la biodiversité, qui favorise les rencontres avec les producteurs locaux en offrant une dizaine de parcours où chaque point remarquable est signalé avec des contenus interactifs (quizz, audio, vidéo, réalité augmentée).