Accueil BIEN commun Lascaux : 21 000 ans… plus 10 ans !

Lascaux : 21 000 ans… plus 10 ans !

Lascaux IV présente l'art de la grotte et l'explique sur des panneaux à regarder de très près
Lascaux IV présente l'art de la grotte et l'explique sur des panneaux à regarder de très près © H.C.
LOCOMOTIVE. À Montignac, au centre international d’art pariétal alias Lascaux IV, on regarde le chemin parcouru depuis son ouverture et tout ce qu’il a déjà apporté au Périgord.

Le 15 décembre 2016 ouvrait le nouveau fac-similé de la grotte préhistorique de Lascaux à Montignac, au pied de la colline du même nom. Quand il fêtera ses dix ans en fin d’année (à raison de 400 000 à 450 000 entrées en moyenne dans l’année), il aura vu passer près de quatre millions de visiteurs. Le lieu baptisé Lascaux IV, permet de visiter la réplique presque intégrale de la célèbre cavité aux fabuleuses peintures de 21 000 ans, fermée au public depuis 1963. Le vaste centre d’interprétation de l’art pariétal intégré dans le bâtiment permet d’aller beaucoup plus loin avec de nombreuses salles audiovisuelles et d’y passer plusieurs heures lors du temps.

Lascaux IV, locomotive du tourisme en Périgord, a coûté 64 millions d'euros a rappelé Germinal Peiro
Lascaux IV, locomotive du tourisme en Périgord, a coûté 64 millions d’euros a rappelé Germinal Peiro © H.C.

Pour lancer l’année anniversaire, André Barbé, le directeur général de la Semitour, la société d’économie mixte gestionnaire, a mis l’accent sur « cette locomotive touristique qui tire le territoire vers le haut. Lascaux IV est bien plus qu’un site culturel, c’est la preuve que l’on peut être exigeant scientifiquement et technologiquement. C’est un lieu qui parle au monde, qui est un laboratoire du tourisme de demain ».

Il insiste sur « l’aventure humaine » de Lascaux qui irrigue la vallée de la Vézère avec la création d’emplois et l’installation de familles qui peuplent les écoles et font vivre les commerces. Tout l’écosystème du tourisme en profite.

Un rayonnement mondial

La directrice du site Pauline Maslen
La directrice du site Pauline Maslen © H.C.

Lascaux IV emploie une trentaine de personnes à l’année et qui fait plus que doubler son effectif durant la saison touristique, explique Pauline Maslen, la responsable du site depuis deux ans. Entrée comme alternante, elle a gravi les échelons et se dit toujours émerveillée de travailler ici. Un lieu où le défi est de parler de Préhistoire à travers Lascaux, à tous les publics et à tous les âges.

Dix ans après l’ouverture, Germinal Peiro, le président du Conseil départemental qui a achevé le projet lancé par son prédécesseur Bernard Cazeau, rappelle l’importance de l’investissement : 64 millions d’euros, dont la moitié assurée par le Département. Une réalisation importante pour le développement économique « en devenant le moteur touristique et culturel », pour son rayonnement mondial qui se perpétue avec l’exposition internationale Lascaux III, comme pour le symbole universaliste. « Partout dans les livres d’histoire on parle de Lascaux », rappelle Germinal Peiro.

« Son apport pour la Dordogne est indéniable, martèle le président. Sa réalisation a permis de faire avancer la connaissance. » La construction du site a développé le savoir-faire des fac-similés en conservant l’atelier de Montignac et a même permis de mieux comprendre l’art des peintres de Lascaux. Des figures qui avaient échappé aux premiers préhistoriens ont pu être trouvées par les peintres de l’AFSP travaillant sur les relevés numériques très précis fournis par la DRAC, la Direction Régionale des Affaires culturelles, représentant l’État en Nouvelle Aquitaine.

« Une seule humanité »

Le philosophe des arts Jean-Paul Jouary a réalisé le nouveau film immersif de Lascaux IV
Le philosophe des arts Jean-Paul Jouary a réalisé le nouveau film immersif de Lascaux IV © H.C.

Le philosophe de l’art Jean-Paul Jouary est en vedette pour ce dixième anniversaire. Il est celui qui a mis en place la Galerie de l’imaginaire, cette étonnante salle tapissée de tableaux numériques sur deux murs et au plafond. Il y fait vivre sa thèse préférée : comparer l’art du Paléolithique à l’art contemporain. « J’ai mis cinq ans à mettre au point cette salle », se rappelle-t-il. Une opération très complexe pour avoir accès aux droits d’utilisation d’images d’artistes contemporains.

Il a supervisé les trois films pour la salle immersive qui a remplacé l’ancienne galerie d’expositions temporaires. Après les femmes et les animaux, c’est l’histoire de l’humanité qu’il a revisitée à travers les personnages et les symboles tirés de l’art préhistorique du monde entier. Il ne s’est pas contenté du style Lascaux, mais a circulé dans le monde de l’art préhistorique pour justifier son titre. De la Préhistoire à nos jours, nous sommes « une seule humanité ». Les racismes et autres xénophobies sont combattus par cette démonstration magistrale s’appuyant sur des preuves issues de la nuit des temps. Durant dix minutes, sur les murs et le plafond de la salle, les images illustrent son mantra : « Nous sommes tous des homo sapiens, des habitants de la même planète ».

Une année d’événements

La salle de l'Imaginaire lien entre l'art de la Préhistoire et celui contemporain
La salle de l’Imaginaire lien entre l’art de la Préhistoire et celui contemporain © H.C.

Ces dix ans sont célébrés par le nouveau film de la salle immersive qui vient d’être lancé, ainsi que par des événements tous les mois, souvent à destination des enfants.

Lascaux IV participe les dimanches de fin février et de début mars à l’opération « Février gourmand » avec des visites explorant l’alimentation préhistorique.

En mars, des artistes sélectionnés après un appel à projet sur des œuvres évoquant Lascaux, vont accrocher dans le grand hall de Lascaux IV.

En avril, une nouvelle visite théâtralisée sous le titre “Les secrets de la pointe de sagaie”, mettra en scène un artiste préhistorique de Lascaux et un préhistorien des années 1940.

En mai, ce sera l’évocation de la Deuxième Guerre mondiale pour évoquer la découverte de la grotte en 1940. Un contexte historique assez particulier.

En juin, pour la fête de la musique, les enfants pourront fabriquer des instruments préhistoriques dont un fameux rhombe. Cette pierre, pièce de bois ou d’os, suspendue par une corde que l’on fait tournoyer, produit d’étranges et puissantes sonorités.

En juillet, le maquillage sera à l’honneur avec des ateliers de tatouages éphémères proposés aux enfants.

Le bâtiment dessiné par le cabinet Snohetta va fêter ses dix ans
Le bâtiment dessiné par le cabinet Snohetta va fêter ses dix ans © H.C.

Le 12 septembre, pour l’anniversaire de la découverte de 1940, un parcours rappelant cet événement sera organisé. Pour les journées du Patrimoine les 19 et 20 septembre, des visites de l’AFSP, l’atelier des fac-similés du Périgord, seront organisées.

En novembre, une exposition sur la construction de Lascaux IV et sur le travail des architectes du cabinet Snöhetta sera organisée

Enfin, en décembre, il y aura la présentation d’un film sur tous ceux qui ont participé aux dix ans de Lascaux IV. Enfin, comme dans un village gaulois, l’année s’achèvera par un banquet assuré par des chefs étoilés, dont Pascal Lombard installé aux Eyzies, et à la brasserie de Lascaux !