Accueil BIEN aimé Herbes Hautes : des comédiens en rythme avec leur public

Herbes Hautes : des comédiens en rythme avec leur public

©BIENenPérigord
CULTURE. Dans la continuité du projet d’éducation artistique et culturelle coordonné par l’Agence Départementale Culturelle Dordogne-Périgord, les élèves du lycée agricole de Coulounieix et de Monbazillac ont assisté à la représentation de la pièce ”Orphelins” de Dennis Kelly, par la compagnie périgourdine Herbes Hautes. Une expérience à la fois artistique et humaine.

La jeune troupe constituée de Denis d’Yvoire, Nina Batlaj, Romain Gimenez et Julien Laffy a proposé une interprétation intense et puissante, nourrissant avec talent la progression vers l’horreur finale.

Un thriller psychologique

Si l’on en reste à la surface, “Orphelins” peut se percevoir comme la narration d’un banal fait divers. Il propose toutefois d’aller un peu plus loin. Dans ce huis clos familial, Liam, couvert de sang, fait irruption un soir chez sa sœur Helen et son beau-frère Danny. Il prétend avoir aidé un jeune pakistanais blessé sur un trottoir. Son récit quelque peu confus les incite à le questionner pour en savoir davantage. La vérité, glauque, horrible, se dévoile au fil des dialogues de plus en plus véhéments, plaçant le jeune couple face à un choix cornélien : les liens forts qui les unissent peuvent-ils faire obstacle à leur conscience, leurs valeurs, et les conduire à être complices d’une agression ? Ou comment mettre en accord les convictions, les paroles et les actes, avec en toile de fond le regard sur l’autre, le racisme et la violence. En privilégiant une scénographie en quadri-frontal, Julien Laffy associe plus étroitement les spectateurs, en renforçant leur proximité avec les comédiens, et en favorisant une expérience commune loin d’un spectacle traditionnel.

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Un espace scénique immersif

Invités à prendre place autour du plateau, comme dans une arène, mais en plus intime, les lycéens ont expérimenté une forme de théâtre dans lequel le spectateur s’intègre dans la pièce. Son rythme (respiration, soupirs, gêne) s’agrège avec celui des comédiens. Partie prenante de la pièce grâce à une scène élargie, il se situe dans un même espace, au centre duquel les protagonistes s’affrontent. Le décor minimaliste (une table et trois chaises), la convergence des regards des spectateurs, la multiplicité des plans larges et serrés, grâce aux va-et-vient fréquents sur le plateau et dans les angles, renforcent cet échange indicible entre comédiens et spectateurs.

Une occasion inédite que les lycéens prolongeront prochainement lors d’ateliers de la pensée philosophique en lien avec la pièce.