Lorsque Laurence Rouleau évoque ses missions en tant que directrice des systèmes d’information au sein des Chaux de Saint-Astier, l’enthousiasme est flagrant, la passion vivace. À 53 ans, la Périgourdine a orienté chacun de ses choix pour en arriver là où elle en est, depuis ses 15 ans, lorsqu’elle a reçu pour Noël l’ordinateur qu’elle avait demandé et dont elle rêvait. “C’était un TO8 qui servait pour toute la famille, mais j’ai rapidement commencé à programmer dessus, j’avais un livre de code, et je me suis lancée. C’était des choses basiques, je concevais de petits logiciels.”
Après un baccalauréat scientifique, direction La Rochelle pour un DUT Informatique de gestion. La promotion de plus d’une centaine d’étudiants compte seulement 10 filles. “Mais mes parents m’ont encouragée dans mon choix, et c’était ça ou rien, détaille Laurence Rouleau. Quand on sait ce qu’on veut, c’est plus facile d’y aller. Je ne me suis pas posée la question, je voulais travailler, et que ça me plaise.” Et, dans ce monde très masculin, la DSI note que ses confrères ont toujours été “ouverts”.
Bien dans des entreprises industrielles
Malgré l’évolution des mentalités, Laurence Rouleau remarque que les femmes se font toujours aussi rares, en formation comme dans la profession. “Les femmes se projettent moins, et il y a toujours cette image d’Épinal de l’informaticien véhiculée par la société.”
Elle, ne s’est pas posé la question et trouve du travail dès la fin de ses études. “J’ai toujours été dans des entreprises industrielles, c’est un monde qui me correspond, il n’y a pas de train-train, ça évolue tout le temps, ce n’est pas que de la bureautique, il y a des machines, un processus de fabrication, et les gens sont passionnés.” Elle ajoute : “nous sommes en interconnexion avec tous les services, les projets, cela nous oblige à comprendre tous les postes, comment tout fonctionne, c’est ce que j’aime”.
Au Chaux de Saint-Astier, où elle est arrivée en 2009, elle a, à la fois, la charge des problématiques du quotidien, mais également beaucoup de projets mêlant l’informatique à d’autres domaines allant de la RSE à l’amélioration des processus internes, en passant par les réseaux, la sécurité, la facturation électronique, l’intelligence artificielle ou encore l’arrivée de la nouvelle usine. Pour cela, elle travaille avec un technicien réseau, arrivé il y a deux ans.
Clubs DSI… au masculin aussi
L’ensemble de ces projets, communs à de nombreux DSI, Laurence Rouleau les aborde avec ses confrères, au sein de clubs dont elle est membre, à la French Tech Périgord, et au Medef. Là encore, elle est la seule femme. “Nous avons les mêmes actualités et les mêmes problématiques, c’est intéressant de pouvoir échanger et partager nos solutions.”
Emplie de passion pour l’ensemble de ces sujets, Laurence Rouleau reçoit régulièrement des stagiaires au sein des Chaux de Saint-Astier, mais là encore peu de femmes. “C’est important de transmettre, et je dirais, si des jeunes filles ont envie de se lancer dans cette carrière, de foncer et de ne pas s’arrêter aux premières difficultés ; dans ce milieu les confrères sont très sympathiques et généralement heureux de voir des femmes arriver dans la profession” conclut-t-elle.









