Accueil BIEN ensemble 1 + 1 = 1, deux artistes pour une œuvre

1 + 1 = 1, deux artistes pour une œuvre

Les œuvres de R. Farouk et Lang. D sont présentées à la médiathèque de Trélissac jusqu'au 25 août : "Le crapaud est le plus horrible des oiseaux" est la première exposition commune de ce couple d'artistes venu du monde du spectacle et fixé en Périgord. Pour le meilleur... jusqu'à ce que.

Alors qu’ils préparaient leur première exposition commune, après une carrière de décorateurs pour le théâtre, R. Farouk et Lang. D ont été séparés par une force plus grande que celle de l’amour et de l’art qui les unissait. Il a quitté ce monde tandis qu’elle maintient le dialogue noué entre leurs deux œuvres, répondant cet été à l’invitation de la médiathèque de Trélissac, plusieurs fois décalée en raison de la crise sanitaire.

Lang D. © SBT

Inlassable observatrice de la nature, Lang D. sait la métamorphose de toute chose et, dans la séparation ultime, cet invisible renouvellement prend une importance particulière. On lit dans son œuvre en noir et blanc, tout en précision, les formes en devenir comme les traces de ce qui a été, l’osmose de l’homme et de la nature dans la transformation qu’ils s’imposent l’un à l’autre.

Les tableaux de R. Farouk sont aussi vifs et colorés, exécutés dans des envolées d’envergure et sur lesquels il revient jusqu’au geste juste ; que ceux de Lang D. sont contenus dans un jeu de patience au trait monochrome sur la page blanche. Leurs œuvres se complètent et se répondent, elles se font face ou se présentent en alternance dans l’espace d’exposition pour se mettre en valeur mutuellement.

L’un est l’autre

R. Farouk propose une relecture de la mythologie antique avec la flamboyance des Mille et une nuits, dans un choc enrichissant de l’Orient et de l’Occident. Le travail de dentelle de Lang D. dessine des mondes imaginaires inspirés des surprises permanentes de notre environnement végétal, minéral, animal. S’y ajoutent la puissance et les mystères de ses lectures, comme compressées au bout de sa plume : l’artiste a toujours dévoré des volumes de papier, plus encore ces derniers mois pour endiguer l’épreuve de l’absence.

R. Farouk © SBT

L’ensemble de ce cheminement artistique dans la médiathèque forme un ballet aérien, transparent, comme en lévitation sur les pages de livres et de créations de tous horizons contenus dans les rayons ; et ce tout, sorti des profondeurs de l’esprit humain, est un voyage vertigineux qui renvoie chacun à l’infiniment petit de sa destinée terrestre, si l’on s’en tient au regard de l’Histoire et du temps. Mais l’art n’a que faire des limites humaines. Reste l’œuvre. Obstinément.

Ils ont choisi le Périgord

  • Le parcours de Lang D (article de Suzanne B-T. pour le Fonds départemental d’art contemporain de la Dordogne, en 2018)
  • Le parcours de R. Farouk (articles de Suzanne B-T. pour le Fonds départemental d’art contemporain de la Dordogne, en 2016 et 2018)