Les bénévoles du club préparent ce rendez-vous depuis des mois. L’objectif est d’offrir la possibilité à une quarantaine de professionnelles vivant et travaillant dans la région, dont beaucoup de Dordogne, de sortir de leur atelier pour aller à la rencontre du public. « Nous souhaitons mettre en avant l’autonomie économique des femmes dans l’artisanat, un secteur où elles sont souvent majoritaires mais moins visibles », insiste Pascale Chadrou, présidente. Léa Mazière, directrice de la Chambre des métiers et de l’Artisanat de Nouvelle-Aquitaine Dordogne, inaugurera le salon samedi 7 mars à 11h.

Ce salon s’inscrit dans le cadre plus général de l’Union Française du Soroptimist, qui organise un prix national depuis 2017 pour valoriser la créativité des femmes et leur désir d’entreprendre. Durant le salon, le Club de Périgueux sélectionnera une artisane qu’il présentera à ce défi.
En plus d’un prix Soroptimist de 800 euros (vote des membres du Club), le public est invité à s’exprimer pour attribuer deux prix, de 400 et 300 euros. Tous seront décernés le dimanche, à 17h. L’intégralité des bénéfices du salon est destinée à des projets pour la formation et l’évolution professionnelle des femmes de la région (une tombola alimentée par les dons des exposantes est ouverte au public durant ces 2 jours, avec un tirage toutes les heures).
Des talents à découvrir
Amélie Bonneau, tapissier-décoratrice d’intérieur, a installé son atelier-boutique à Montpon. Formée chez les Compagnons du Devoir après un parcours en couture, elle restaure des fauteuils et confectionne des rideaux, alliant techniques classiques (fauteuils Voltaire, crapauds) et touches de modernité grâce à des tissus originaux ou des contrastes de galons.
Armelle Shaw est tourneuse sur bois. L’artisane d’art travaille le bois brut — des essences du Périgord comme l’acacia, le chêne ou le noyer — sur un tour à l’aide de gouges pour créer des formes et des creusages variés. Ses créations, utilitaires ou décoratives, reçoivent des finitions naturelles (huile de pépin de raisin, cire d’abeille maison). Elle propose des démonstrations, formations et créations personnalisées dans son atelier-boutique, au Bugue.
Brigitte Barthelemy, artiste peintre et photographe parisienne désormais installée en Périgord (vice-présidente de Vergt Patrimoine), a été formée en Belgique et aux Beaux-Arts de Paris. Son travail (huile, acrylique, pastel, aquarelle) est marqué par l’influence des maîtres classiques et de l’estampe japonaise.

Sophie Biaussat, restauratrice de meubles anciens, leur redonne vie en mariant bois, tissus et métaux, elle préserve un charme authentique tout en les remettant au goût du jour.
Camille Danjou, céramiste établie à Limeuil depuis 2021, fabrique des luminaires et des objets décoratifs en grès de Dordogne et porcelaine de Limoges. Elle utilise des techniques de tournage, modelage et gravure, jouant sur les contrastes entre terres brutes et émaillées, et la surprise du feu à haute-température.
Caroline Mazière s’est reconvertie dans la maroquinerie. CAP en poche, elle crée des bijoux en cuir à Périgueux et développe en complément une ligne de vêtements upcyclés, transformant notamment des chemises, et continue de perfectionner sa technique auprès de Madras Couture.
Sortir de la discrétion de l’atelier
Clémence Cadiot développe un univers pictural (huile, acrylique) fruit d’une observation attentive du monde qui l’entoure, en jouant sur les superpositions pour créer de la profondeur, avec une palette de couleurs vibrantes et un travail sur la texture.
Cléophée Zeimet cultive des plantes aromatiques et médicinales ancrées dans le terroir périgourdin. Elle maîtrise l’intégralité du cycle, de la cueillette ou culture jusqu’à la transformation ainsi que le séchage délicat et l’assemblage de plantes pour créer des infusions, des aromates ou des soins naturels.
Jessica Sanchez a installé sa Fabrique de Pépette à Vanxains : ses bougies sont à base de cire de soja 100 % végétale et ses parfums d’ambiance artisanaux de Grasse sans substances nocives (sans CMR ni phtalates). Sa démarche écoresponsable va jusqu’au choix de mèches naturelles et de contenants recyclables.

Julie Gaulon, peintre de formation, spécialisée dans la restitution de grottes préhistoriques (Lascaux, Chauvet), est aujourd’hui aquarelliste et se consacre au dessin d’animaux.
Marguerite Thoumin a choisi le Périgord en 2019, où elle valorise la fabrication 100 % naturelle de peignes en corne, matériau artisanal aux vertus antistatiques et lissantes, un accessoire de beauté durable et écologique.
Marie-Paule Thuaud façonne à la main des bijoux originaux en laiton (doré à l’or fin), argent ou cuivre. Depuis 20 ans, elle conçoit ses pièces comme des œuvres d’art pour révéler la singularité de chacune.
Une vitrine à admirer
Nathalie Le Maître, avec Un dimanche en Dordogne, fait revivre l’esprit d’un linge familial de qualité, des tabliers en lin et coton, torchons, chemins et des sets de table. Sa passion de la sérigraphie lui a permis d’élargir son univers à d’autres procédés et sur d’autres supports : planches à découper, bougies, cyanotypes.
Sandrine Fernandes est passionnée de tufting, elle crée des tapis et tentures murales sur mesure, et propose des ateliers dans sa boutique « Signatures 24 » à Périgueux.

Élodie Seigneur fait fleurir ses idées en Dordogne, elle crée des herbiers d’art, des bijoux en bois précieux et de la papeterie sensible. Chaque création naît d’un dialogue entre matières naturelles et trésors d’histoire pour cultiver la magie au quotidien.
Ces locales de l’étape, qu’on peut retrouver toute l’année “à domicile”, seront aux côtés de créatrices venues de départements voisins spécialement pour l’occasion. Ensemble, elles composent une mosaïque éphémère d’incroyables talents, en un même lieu.
• Samedi 7 et dimanche 8 mars (10-18h), Théâtre de Périgueux, esplanade Badinter. Entrée libre et gratuite.









