Accueil BIEN avec les jeunes  La boxe comme outil d’insertion 

 La boxe comme outil d’insertion 

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UN POING... C'EST TOUT ! Le Boxing club périgourdin, basé à Périgueux, a ouvert une antenne à Coulounieix-Chamiers à destination des jeunes des quartiers, où il continue d'essaimer des valeurs citoyennes.

Les coups de sifflet de Dylan rythment l’échauffement. Dans l’une des salles de la Filature à Périgueux, c’est soir d’entraînement pour le Boxing club périgourdin. Fondé en 1946, il est l’un des plus importants de l’Hexagone en termes de licenciés. Il joue également un rôle majeur d’insertion auprès d’un public parfois qualifié de “difficile”. Il faut savoir que le club compte plusieurs catégories : compétition, loisirs, boxe éducative, boxe santé, prescri’boxe et handi-boxe. Autrement dit, il s’adresse à toutes celles et ceux qui veulent “chausser” les gants.

Une collaboration avec la mairie

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Depuis trois ans, l’association a ouvert une antenne du côté de Chamiers, dans la salle de l’ASPTT, à la demande de la mairie. « Le maire, Thierry Cipierre, nous a demandé si on pouvait intervenir sur sa commune, dans le cadre de la politique des Quartiers Prioritaires de Ville (PTV), explique Yoan Castelletti, le président du Boxing. Toutes les sections du club y sont présentes, sauf la section santé. » L’opération, baptisée “de la cage d’escalier au ring” a pour but de sortir les jeunes des quartiers pour les amener vers le sport. « Que l’on soit bien clair, pose le président. On ne leur apprend pas à se battre. On leur inculque des valeurs de respect, d’engagement, de concentration. »

Et la mayonnaise semble prendre. « La première année, ils n’étaient que 5 ou 6, reconnaît Yoan Castelletti. Aujourd’hui, ils sont une quarantaine. Certains s’orientent vers la compétition. Et on voit que ces jeunes s’intéressent aux autres. Quand certains ne sont pas là, ils demandent des nouvelles. » De son côté, le BCP assure un suivi en dehors de la salle. « Comme ce sont des mineurs, je suis en lien avec les parents, détaille Dylan Roumanie, salarié du club et éducateur sportif. J’ai des retours positifs. Ils me disent que les gamins travaillent mieux à l’école, qu’ils se sentent mieux dans leur peau. »

Un vrai suivi

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À un âge par définition ingrat, ces jeunes de Chamiers trouvent, avec la boxe, un exutoire. « La colère que certains peuvent avoir en eux, ils l’évacuent sur le ring, sur les sacs, sourit le président. Et, certains ont des résultats. C’est également une volonté de la mairie de s’impliquer par le biais du sport. » Afin d’attirer ce public, parfois limite au niveau financier, la licence est gratuite, la Ville de Chamiers prenant en charge la part fédérale, obligatoire. « Notre volonté était que l’argent ne soit pas un frein à leur venue », insiste le président.

Et le soutien ne s’arrête pas aux portes de la salle. Si les dirigeants du club, en mobilisant leur réseau, peuvent aider ces jeunes à trouver un emploi, ils le font. De même, après la saison, Dylan et son père Serge restent tout le mois de juillet à l’antenne de Chamiers pour accueillir les gamins et proposer des animations, afin qu’ils ne soient pas livrés à eux-mêmes tout l’été. « C’est important de garder ce lien », appuie Yoan Castelletti.