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Femmes de prix

Isabelle Sarran, Valérie de Pauw, Marie-Jeanne Marty, Agnès Molinier, Alice Tardien © SBT
ELLES ! Depuis 2013, à l'approche du 8 mars, le club de la presse du Périgord distingue trois femmes du département à travers un prix et la mise en avant de leur parcours. Cette année, Isabelle Sarran, présidente du club, accueillait trois profils d’horizons très différents.

Le Club de la presse du Périgord attribue ce traditionnel Prix des femmes à des personnalités dont le parcours, les initiatives, les engagements, les distinguent particulièrement.

Cette année, Isabelle Sarran et les membres du club ont d’abord salué, une fois n’est pas coutume, l’une des leurs en la personne d’Agnès Molinier. « Originaire du Bugue par son père, de Sanilhac par sa mère, notre consœur a passé l’essentiel de sa carrière à Paris et occupé des postes clé, sans jamais vraiment quitter le Périgord : rédaction en chef des journaux de 13h et 20h sur France2, et d’Envoyé Spécial. » Quand son employeur met fin brutalement à ce qui est pour elle bien davantage qu’un emploi, à moins de 60 ans, elle vacille sur ses bases, déstabilisée. Puis médite sur cette avancée en âge, qui peut aussi se révéler pleine de ressources : ainsi naît le podcast Vieilles ! et le livre J’ai passé l’âge. Jolie revanche, et de vraies perspectives « pour celles que l’âge tracasse, notamment au niveau professionnel ». Au delà de l’humour et de la réflexion qui la caractérisent, Agnès a partagé son émotion de cheminer avec ce club depuis deux ans, « ça m’accompagne, ça me fait du bien ».

Sacrée championne

© SBT

Marie-Jeanne Marty n’a pas peur de dire son âge : elle est N°7 mondiale des plus de 85 ans, multi-championne de France et du monde de tennis. Son dernier titre date d’octobre 2025 : championne du monde des plus de 80 ans avec l’équipe de France, dont elle a été capitaine. Connue sous le surnom de Mijanou, licenciée au Cap tennis, l’ancienne prof de gym s’est inquiétée, quand le club l’a invitée, de savoir si elle n’avait pas un tournoi ce jour-là ! « Certains retraités enfilent des pantoufles, Mijanou ne lâche pas la raquette. Elle a commencé le tennis à plus de 30 ans, avec succès. Son esprit de compétition, sa discipline, sa ténacité ne peuvent qu’inspirer celles qui n’avaient pas encore compris l’importance du sport pour être bien dans sa tête et dans son corps. »

La récipiendaire se présente comme « issue d’une famille très humble, de Sarrazac. Grâce à des instituteurs et des religieux qui m’ont encouragée, je suis devenue ce que je suis. Je n’imaginais pas jouer au tennis, à mon époque c’était un sport pour des gens très riches. L’enseignement me plaisait mais, à la retraite, j’ai voulu faire ce qui me faisait vraiment plaisir. Je ne pensais pas arriver à ce niveau en travaillant le tennis. J’espère donner l’envie de continuer longtemps à pratiquer un sport ». Des amis qui cherchaient un quatrième joueur pour un double l’ont sollicitée, elle s’est si bien débrouillée qu’ils l’ont encouragée à poursuivre : depuis plus de 50 ans, elle joue (encore) à la volée, en attaquante.

Femmes de lettres

© H.C.

Alice Tardien, petite-fille de Pierre Fanlac qui a créé la maison d’édition en 1943, fille de Marie-Françoise et Bernard Tardien qui avaient pris le relais, les a rejoints en 2017, à tout juste 30 ans, puis a pris la gérance de cette institution, déplacée de la fameuse adresse « près la Tour de Vésone » à Périgueux vers Aubas en Périgord noir. Le catalogue Fanlac, riche d’une centaine de titres de littérature générale comme d’ouvrages liés au Périgord, est loin de se refermer « grâce à une jeune dirigeante qui croit à l’avenir de l’écrit en général et du livre en particulier ». Ce qui ne pouvait que toucher des professionnels des mots. Alice s’est souvenue avec émotion que les éditions Fanlac « ont de tout temps eu une relation privilégiée avec la presse », elle a rappelé combien il faut s’accrocher dans un monde de la culture « plein de défis et de questions », avec passion, et des soutiens.

Toutes ont reçu, clin d’œil au pouvoir des mots, des livres liés à des destins de femmes du Périgord ou d’autrices locales. À propos de tennis, Valérie de Pauw a ajouté que sa délégation départementale aux droits des femmes et à l’égalité soutenait financièrement l’opération “Les filles montent au filet” pour favoriser la pratique de ce sport dans les quartiers prioritaires. Et pour la littérature, elle souligne l’importance de laisser des traces et du partage par la lecture.