
Il flotte une atmosphère presque légère dans les couloirs de l’UAPED, ce mardi 17 février. Une légèreté qui contraste avec les situations traitées ici. Camille, infirmière, et Jessica, psychologue, examinent des nuanciers. À leurs côtés, Maxence Mister, représentant de PST Peinture. On compare, on hésite, on imagine. « On part sur du rose fluo ? » lance Camille, malicieuse. Le Dr Patrick Hilaire sourit : « Tout sera mieux que ça. »

Les locaux, investis il y a deux ans et demi autour de la salle Mélanie — dédiée aux auditions judiciaires filmées des mineurs victimes — étaient d’anciennes chambres hospitalières. Fonctionnels, oui. Accueillants, beaucoup moins.
Un lieu au croisement du soin et de la justice
L’UAPED a une mission précise : accueillir des mineurs victimes de violences physiques, sexuelles ou psychologiques dans un cadre médico-judiciaire sécurisé. Ici, les enfants bénéficient d’un examen médical, d’une évaluation psychologique et d’un accompagnement coordonné avec les autorités judiciaires. L’objectif est clair : recueillir la parole dans des conditions respectueuses et protectrices, éviter les répétitions traumatisantes, garantir un cadre confidentiel et digne.
Mais l’environnement restait “glacial”, selon Camille, qui avait employé ce terme lors d’une conférence d’Arnaud Gallais, animateur de la caravane Mouv’Enfants, le 12 juin dernier à Boulazac-Isle-Manoire.
Dans la salle, ce jour-là, Chantal Papon est touchée en plein cœur. Présidente de l’association Pour l’Amour des enfants du Sénégal, elle décide d’agir. « Aider les enfants malheureux, c’est le sens de mon engagement. » Le personnel de l’UAPED adhère immédiatement à l’idée d’un réaménagement. La direction hospitalière valide le projet. La municipalité facilite les partenariats avec une entreprise locale de peinture et l’artiste Crazy One. « Nous fournissons le matériel et la main-d’œuvre », précise Chantal, un rouleau de tapisserie “Jungle” sous le bras.
Un accueil plus doux pour des parcours difficiles

Camille imagine déjà les nouvelles couleurs. « Les enfants ne viennent pas longtemps. Ils passent pour les examens médicaux qui complètent leur dépôt de plainte. L’environnement doit être sécurisant, confidentiel et digne. Il ne doit pas être un stress supplémentaire. » Les chiffres traduisent l’ampleur du besoin : 154 mineurs accueillis en 2024. 322 en 2025. Âge moyen : 9 ans.
Chantal, elle, évoque son histoire personnelle. « J’ai moi-même subi des violences dans l’enfance. Les injustices me révoltent. » Après deux voyages au Sénégal, en 2008 et 2012, elle s’engage pleinement à sa retraite, en 2018. L’association rassemble aujourd’hui une cinquantaine de bénévoles, qui organisent collectes de matériel médical, fournitures scolaires, vêtements et aides alimentaires pour des structures accompagnant des enfants en difficulté.
Les 2 et 3 mars, ces bénévoles changeront simplement de décor. « Nous serons des petites mains… pour l’amour des enfants de Dordogne. »








