« J’ai commencé à l’écrire il y a 25 ans en m’inspirant de Phèdre. Mais un jour, j’ai oublié mon manuscrit dans un avion. Je n’avais pas de copie. » Anéanti, ne trouvant pas la force de réécrire, Éric Léonard s’y remet lorsqu’il revient dans la région, encouragé par l’ancien danseur étoile Patrick Dupond. « Il m’a dit : si tu ne la finis pas, tu ne passeras jamais à autre chose.»
Ainsi finit par advenir cette comédie, l’histoire d’une famille bourgeoise avec son lot de travers et de cachotteries, de complots, de trahisons et d’histoires d’amour. Mais en alexandrins, s’il vous plaît, ce qui « donne une dynamique et une musicalité particulière. J’aime aussi cette forme d’écriture car elle est très exigeante. Elle oblige à faire un vrai travail de recherche pour trouver le mot juste. La langue française est extrêmement riche, il est vraiment dommage d’utiliser si peu de vocabulaire. L’alexandrin n’est pas désuet et mériterait à mon sens d’être remis au goût du jour ».
Partition millimétrée

À la mise en scène, Charlène Lauer souligne le caractère contemporain du propos, le marivaudage moderne. À la matière brute théâtrale, elle mêle jeu corporel, danse, scénographie modulable et références au théâtre classique et populaire. Elle fait
dialoguer la richesse du patrimoine théâtral avec une écriture scénique vivante et accessible, dans une partition millimétrée, une alchimie des codes. La musique jouée en direct rythme le récit et guide le spectateur.
« Si nous voulons que tout reste tel que c’est, il faut que tout change » (Tancrède/ Le Guépard/ Visconti / Lampedusa)
Malgré le temps qui passe… « Finalement, rien ne change », c’est le titre et le constat de ce voyage dans l’intimité d’une famille bourgeoise où se croisent désirs contrariés, secrets bien gardés, faux-semblants et quiproquos. Derrière les apparences policées de ce huis clos familial, les relations se tendent, se défont et se rejouent, révélant des mécanismes universels.
Le texte de cette comédie grinçante, publié en 2020, a reçu le prix de l’écrivain de l’année Federico II.
• L’Eden, Eymet, samedi 28 mars – 20h30 – durée : 1h30 – tarif : 20 et 17 € (10 % des recettes reversées au Moulin d’Eymet)

L’auteur
Né à Bordeaux, place des Martyrs de la Résistance en 1968, Eric Léonard écrit depuis ses 13 ans. Ce spectateur assidu et lecteur des grands classiques s’est décidé à écrire une pièce… en alexandrins. Tout en reprenant en 2000 l’entreprise familiale dans le bâtiment, il a crée l’Association Le Puits du Mirail et s’épanouit dans l’écriture de pièces jouées à Bordeaux et en tournée.









